<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Cultures en Mouvement</title><link>http://wbenjamin.canalblog.com/</link><description>Sciences humaines d&apos;une part, traitement de l&apos;actualit&#xe9; d&apos;autre part !</description><language>fr</language><lastBuildDate>Wed, 11 Nov 2009 15:11:59 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>NOUVELLE ADRESSE !!!!</title><dc:creator>Benjamin Wolff</dc:creator><link>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2007/08/28/6029599.html</link><comments>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2007/08/28/6029599.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://wbenjamin.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/6029599/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2007/08/28/6029599.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; color=&quot;#ff0000&quot; size=&quot;5&quot;&gt;Ce blog change d&apos;endroit. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; color=&quot;#ff0000&quot; size=&quot;5&quot;&gt;La nouvelle adresse est &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://livredelecture.canalblog.com/&quot;&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; color=&quot;#0000cc&quot; size=&quot;5&quot;&gt;http://livredelecture.canalblog.com&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 28 Aug 2007 21:10:00 GMT</pubDate></item><item><title>Le soi et le couple</title><dc:creator>Benjamin Wolff</dc:creator><link>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2006/08/29/2559207.html</link><category>Sociologie</category><comments>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2006/08/29/2559207.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://wbenjamin.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2559207/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2006/08/29/2559207.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;L’individu contemporain court apr&#xe8;s le bonheur. Il ne l’attrape que rarement pour longtemps. Ce qui compte aujourd’hui, c’est le fait que tout individu vive dans un environnement favorable pour d&#xe9;velopper son identit&#xe9; personnelle, pour devenir un &#xea;tre singulier. Un bon parent ou un bon partenaire, c’est celui qui apporte cette aide personnalis&#xe9;e. Les proches permettent &#xe9;galement la reconnaissance du soi, c’est-&#xe0;-dire que je ne puis savoir si ma totalit&#xe9; est reconnue et respect&#xe9;e que par la manifestation de l’agissement de l’autre par rapport &#xe0; elle. Gr&#xe2;ce &#xe0; ses proches, &#xe0; leur regard, &#xe0; leur aide, l’individu a le sentiment d’une existence unique et enti&#xe8;re. Pour que le soi ait le sentiment d’une existence positive, l’individu a besoin d’un proche familier, stable et exclusif. L’adulte ne se suffit pas &#xe0; lui-m&#xea;me et les relations amicales peuvent ne pas &#xea;tre des substituts suffisants au conjoint. D’o&#xf9;, on y revient, l’importance d’une place au sein d’un couple.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Si &#xe0; l’&#xe9;poque contemporaine, la vie de couple est si complexe, c’est qu’elle engage toujours quatre personnes, chacun devant faire avec le soi &#xab; seul &#xbb; et le soi &#xab; avec &#xbb; le compagnon ou la compagne. En effet, au sein de l’identit&#xe9; &#xe0; g&#xe9;om&#xe9;trie variable coexistent deux hi&#xe9;rarchisations: l’une absolue, avec l’identit&#xe9; personnelle au premier plan; l’autre relative, correspondant aux exigences de la relation. Par exemple, le bon &#xe9;l&#xe8;ve doit prouver, comme les autres, qu’il existe aussi autrement, que sa valeur scolaire ou sociale ne se confond pas avec sa personne. L’individu individualis&#xe9; doit donc s’affirmer de deux fa&#xe7;ons: le &#xab; moi d’abord &#xbb;, propre &#xe0; l’affirmation d’un vrai soi et le &#xab; r&#xf4;le &#xe0; jouer &#xbb; qui d&#xe9;signe la dimension statuaire qui doit &#xea;tre mis en sc&#xe8;ne pendant la situation particuli&#xe8;re. Une sorte de personnalit&#xe9; situationnelle.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;La structuration du couple doit donc faire face &#xe0; l’instabilit&#xe9; des identit&#xe9;s: les exigences de la soci&#xe9;t&#xe9; individualiste sont telles que l’individu est amen&#xe9; &#xe0; vivre sous le r&#xe9;gime de l’&#xe9;ducation permanente. L’adulte comme l’enfant, n’a jamais termin&#xe9; sa propre construction. Le soi n’est donc pas stable. Faut-il dans ce cas se soustraire au c&#xe9;libat ? L’absence de contrainte appara&#xee;t comme un &#xe9;l&#xe9;ment positif qui constitue le sentiment d’autonomie. En m&#xea;me temps et contradictoirement, le c&#xe9;libat est mal per&#xe7;u dans la mesure o&#xf9; un tel soi appara&#xee;t incomplet, trop centr&#xe9; sur lui-m&#xea;me. Cette libert&#xe9; ne suffit donc pas &#xe0; d&#xe9;finir le contenu du soi et n’autorise pas le travail de r&#xe9;v&#xe9;lation. En fait on souhaite le c&#xe9;libat mais davantage sur un plan th&#xe9;orique.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;En effet, un partenaire contribue &#xe0; construire la personne avec laquelle il vit en lui donnant le sentiment continue d’exister, le sentiment de stabilit&#xe9; qui fonde l’identit&#xe9;. Ce sentiment s’enracine notamment dans la conversation permanente qui valide la vision du monde des partenaires. L’univers devient cr&#xe9;dible et le soi a davantage l’impression d’exister. De plus, le regard d’amour m&#xe9;tamorphose l’Homme en lui restituant un sentiment d’appartenance aux personnes qui poss&#xe8;dent les qualit&#xe9;s pour former un couple (sensibilit&#xe9;, gentillesse, tendresse, g&#xe9;n&#xe9;rosit&#xe9;).&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Ensuite, le conjoint a pour fonction de valider l’identit&#xe9; de son co&#xe9;quipier, de transformer ses ressources en capital. Cette validation inclut plusieurs missions: celle de la coh&#xe9;rence, de la r&#xe9;v&#xe9;lation et de la totalit&#xe9; (la prise en compte de la totalit&#xe9; de soir par l’autre est un r&#xea;ve). Cela implique que lorsque l’identit&#xe9; du partenaire change, le conjoint doit, lui aussi, modifier sa mani&#xe8;re de proche familier. Soumis &#xe0; la pression sociale de l’&#xe9;panouissement personnel, les couples modernes doivent suivre le rythme des transformations identitaires de chacun. La mobilit&#xe9; conjugale est obligatoire: elle est assur&#xe9;e par une nouvelle d&#xe9;finition des fonctions assur&#xe9;es par chacun des partenaires, sinon elle engendre la s&#xe9;paration. Souvent, la reconnaissance publique de son propre changement doit s’inscrire par le renouvellement du partenaire.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Les individus font comme s’ils &#xe9;taient insensible &#xe0; la fid&#xe9;lit&#xe9;. Cette position est fausse. En effet, le nombre de personnes en union conjugale qui d&#xe9;clarent avoir des relations extraconjugales a baiss&#xe9; pendant ces vingt derni&#xe8;res ann&#xe9;es. Cela renvoie &#xe0; l’une des dimensions de la fonction de validation de soi: donner le sentiment de l’unit&#xe9;. L’amour sexuel ouvre le plus largement les portes de la personnalit&#xe9;s globale donc il y a cette n&#xe9;cessit&#xe9; de rester coh&#xe9;rent avec soi-m&#xea;me.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Mais il existe un autre type de fid&#xe9;lit&#xe9;: la fid&#xe9;lit&#xe9; &#xe0; soi-m&#xea;me. La logique de la psychologisation de l’identit&#xe9; a pour effet de valoriser cette fid&#xe9;lit&#xe9;. Celle-ci peut entra&#xee;ner la rupture conjugale car fid&#xe9;lit&#xe9; &#xe0; soi et engagement de longue dur&#xe9;e ne sont pas toujours conciliable. Les femmes justifient tr&#xe8;s souvent la s&#xe9;paration du fait de la destruction de leur identit&#xe9;, ne voulant pas &#xea;tre gel&#xe9;es dans un r&#xf4;le d&#xe9;fini. De plus, la conception moderne de l’individu d&#xe9;valorise les r&#xf4;les exaltant au contraire l’originalit&#xe9; et encore plus l’authenticit&#xe9;, comme sentiment de fid&#xe9;lit&#xe9; &#xe0; soi-m&#xea;me. Si le conjoint ne comprend pas le besoin de modification identitaire du partenaire, il peut contribuer &#xe0; la rupture. Ce d’autant plus que les valeurs contemporaine de mobilit&#xe9; ne valorisent pas en soi la permanence, la longue dur&#xe9;e. En effet, il y a une tr&#xe8;s grande mobilit&#xe9; affective. On cherche jusqu’&#xe0; ce qu’on ait trouv&#xe9; chaussure &#xe0; son pied, avec le risque de se retrouver seul. Mais pour qu’un couple contemporain fonctionne, ses membres doivent se r&#xe9;former, en mettant de cot&#xe9; certains aspects de leur identit&#xe9;, en tenant compte des demandes de l’autres. Cette exigence r&#xe9;ciproque demande du travail et du temps.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Pour les th&#xe9;rapeutes conjugaux, si les hommes et les femmes se s&#xe9;parent apr&#xe8;s quelques ann&#xe9;es de vie commune, c’est qu’ils ne parviennent pas &#xe0; surmonter la fin de la premi&#xe8;re p&#xe9;riode qui serait fusionnelle. Ils n’arrivent pas &#xe0; passer de l’illusion d’une seule identit&#xe9; au constat de la r&#xe9;alit&#xe9; des deux individualit&#xe9;s.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Lorsque les conjoints se s&#xe9;parent, ils ont &#xe0; la fois l’impression d’&#xea;tre amput&#xe9;s et le sentiment de rena&#xee;tre. Des dimensions cach&#xe9;es de leur personnalit&#xe9; peuvent revenir &#xe0; la lumi&#xe8;re, mais cela implique presque toujours que d’autres vont, sans le regard du proche conna&#xee;tre l’ombre.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Le maintien d’une union r&#xe9;clame une transition exigeante pour les deux partenaires.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 29 Aug 2006 00:44:00 GMT</pubDate></item><item><title>Sociologie du couple</title><dc:creator>Benjamin Wolff</dc:creator><link>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2006/08/20/2559198.html</link><category>Sociologie</category><comments>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2006/08/20/2559198.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://wbenjamin.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2559198/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2006/08/20/2559198.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Tout ce qui touche &#xe0; la vie quotidienne et qui &#xe9;tait autrefois transmis par la tradition, est mis en questionnement g&#xe9;n&#xe9;ralis&#xe9;. Chacun veut savoir le pourquoi du moindre d&#xe9;tails, et le comment lui permettant d’am&#xe9;liorer son existence. Cette logique domine le couple aujourd’hui. Ce couple moderne est paradoxal: &#xe0; la fois plus attirant, plus int&#xe9;grateur et plus pr&#xe9;caire, sujet &#xe0; &#xea;tre remis en cause du jour au lendemain.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;La mise en couple d’abord, est d&#xe9;sormais progressive, donnant le temps d’exp&#xe9;rimenter le partenaire. L’attente de proximit&#xe9; et de contraste sont souvent &#xe9;troitement m&#xea;l&#xe9;es: l’autre doit &#xea;tre aussi proche que possible tout en apportant une richesse particuli&#xe8;re, faite de ce dont l’on est le moins dot&#xe9;. Selon Jean-Claude Kaufmann, les couples se forment autour d’une perception inconsciente d’une probl&#xe9;matique commune, avec simultan&#xe9;ment des mani&#xe8;res compl&#xe9;mentaires d’y r&#xe9;agir chez l’un et l’autre. En effet, l’articulation ressemblances-diff&#xe9;rences est centrale dans la formation du couple. L’unit&#xe9; compl&#xe9;mentaire est parfois l’art d’associer la plus grande proximit&#xe9; avec la plus grande diff&#xe9;rence.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Mais n’importe qui ne se &#xab; marie &#xbb; pas avec n’importe qui pr&#xe9;cis&#xe9;ment parce que n’importe qui ne rencontre pas n’importe qui. Les rencontres se font dans des types de lieux publics, des lieux r&#xe9;serv&#xe9;s, et des lieux priv&#xe9;s diff&#xe9;rents. La fr&#xe9;quentation de lieu d&#xe9;finis aura d&#xe9;fini ce que seront les fr&#xe9;quentations. Mais en g&#xe9;n&#xe9;ral, on &#xe9;voque plut&#xf4;t le hasard et c’est probablement une mani&#xe8;re de se prot&#xe9;ger, &#xe9;vitant d’avoir &#xe0; donner une autre explication. Le hasard permet de repousser l’id&#xe9;e que l’on aurait pu &#xe9;valuer le partenaire comme une vulgaire marchandise, ou penser &#xe0; une strat&#xe9;gie d’avenir en le choisissant, ou encore d&#xe9;fendre ses int&#xe9;r&#xea;ts personnels. Parler de hasards laisse cours &#xe0; l’&#xe9;vocation d’une naissance myst&#xe9;rieuse de l’amour. De m&#xea;me que la r&#xe9;alit&#xe9; d’un choix r&#xe9;fl&#xe9;chi est difficilement avouable car elle s’oppose &#xe0; l’id&#xe9;al amoureux dans ce qu’il y a de plus pur, loin de tout calcul. Mais le choc amoureux est le r&#xe9;sultat d’une pr&#xe9;disposition socialement et individuellement construite, qui place le sujet dans les conditions de pouvoir ou de devoir l’&#xe9;prouver.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Le couple commence donc &#xe0; petit pas, dans la l&#xe9;g&#xe8;ret&#xe9; insouciante du moment pr&#xe9;sent. L’important est d’&#xea;tre libre, de respirer la vie &#xe0; plein poumons, de prolonger la jeunesse. L’angoisse est de s’enfermer trop vite dans l’existence install&#xe9;e, de limiter l’horizon, de rater d’autres bonheurs possibles. Cette l&#xe9;g&#xe8;ret&#xe9; conjugale a une double fonction: freiner l’int&#xe9;gration pour que chacun trouve ses positions et &#xe9;valuer la faisabilit&#xe9; de l’accord pour se retirer ais&#xe9;ment. Il s’agit de tester le partenaire et sa propre personnalit&#xe9; reformul&#xe9;e par les d&#xe9;buts de la vie de couple. Il s’agit non seulement de d&#xe9;cider si nous sommes faits pour tel union mais si cette union nous fait tel que nous souhaitons &#xea;tre. Car l’amour fondateur du lien conjugal est en partie une d&#xe9;n&#xe9;gation du &#xab; je &#xbb; au nom du &#xab; tu &#xbb; et du &#xab; nous &#xbb;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Une fois r&#xe9;unis, le contrat amoureux positive l’&#xea;tre consid&#xe9;r&#xe9; et, ce faisant, construit un rapport de sens positif pour l’amoureux lui-m&#xea;me: &#xea;tre amoureux, c’est &#xea;tre en accord harmonieux avec le sens de la vie. Nous sommes amoureux de notre conjoint mais nous id&#xe9;alisons aussi nos amis, notre chien, notre logement.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;L’amour est une construction particuli&#xe8;re dans la mesure o&#xf9; existe un d&#xe9;calage entre sa repr&#xe9;sentation collective e la fa&#xe7;on dont chacun le vit. Chacun attend beaucoup de ce couple et paradoxalement, l’id&#xe9;alisation du couple est &#xe0; l’origine de sa fragilit&#xe9;, le rendant plus complexe &#xe0; construire.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Enfin, les causes de la rupture sont &#xe0; rechercher dans le processus historique d’individualisation de la soci&#xe9;t&#xe9;: l’autonomisation progressive des individus les am&#xe8;ne &#xe0; regarder de fa&#xe7;on critique leur pr&#xe9;sent et &#xe0; se satisfaire moins facilement des situations acquises.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Le lien social &#xe9;tait impos&#xe9; aux acteurs, maintenant il est ouvert et &#xe0; construire: il faut construire sa propre identit&#xe9; d’o&#xf9; la difficult&#xe9; de maintenir une union stable.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 20 Aug 2006 00:32:00 GMT</pubDate></item><item><title>L&apos;individu moderne</title><dc:creator>Benjamin Wolff</dc:creator><link>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2006/08/10/2545403.html</link><category>Sociologie</category><comments>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2006/08/10/2545403.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://wbenjamin.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2545403/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2006/08/10/2545403.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;L’occident a invent&#xe9;, avec la r&#xe9;volution fran&#xe7;aise, un type de vie qui rompt avec les soci&#xe9;t&#xe9;s traditionnelles qui associaient des individus d&#xe8;s leur naissance. Dans la nouvelle soci&#xe9;t&#xe9; moderne et individualiste, tout le monde r&#xe9;clame de l’air voulant &#xe9;prouver de plus en plus le sentiment d’&#xea;tre libre. Aujourd’hui l’individu r&#xe9;flexif et &#xe9;valuateur doit construire lui-m&#xea;me son identit&#xe9; et ses r&#xe9;seaux d’amis. &lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Ainsi, si les individus souhaitent plut&#xf4;t un lien social fort, ils ne veulent pas pour autant en payer le prix qui consisterait &#xe0; diminuer leur libert&#xe9;. En effet, chacun approuve l’individualisme &#xe0; titre personnel et le r&#xe9;cuse au niveau collectif.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;L’individu existe donc par lui-m&#xea;me, contrairement &#xe0; autrefois ou celui-ci &#xe9;tait d&#xe9;fini comme appartenant &#xe0; un groupe. On parlerait d’ailleurs aujourd’hui de crise du lien social comme si cette crise &#xe9;tait un rat&#xe9; de nos soci&#xe9;t&#xe9;s d&#xe9;mocratiques. En r&#xe9;alit&#xe9; c’est une des caract&#xe9;ristiques des soci&#xe9;t&#xe9;s modernes. Nous serons en crise tant que nous serons dans des soci&#xe9;t&#xe9;s d&#xe9;mocratiques. Cette crise est de quatre natures diff&#xe9;rentes.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;En premier, c’est une crise de la transmission. On est aujourd’hui dans une soci&#xe9;t&#xe9; de communication qui s’inscrit dans l’espace et non dans un mod&#xe8;le de transmission qui s’inscrit dans le temps. Ainsi, des individus sont notamment li&#xe9;s par une histoire commune, un pass&#xe9;. C’est en int&#xe9;riorisant le social que l’individu devient membre de la soci&#xe9;t&#xe9;. Et l’individu individualis&#xe9; a aujourd’hui le pouvoir de d&#xe9;cider du poids du pass&#xe9; qu’il veut incorporer dans son existence personnelle. Il est donc beaucoup plus difficile de lier des individus &#xe9;mancip&#xe9;s. Mais selon Fran&#xe7;ois de Singly, cette prise de distance volontaire aux origines peut &#xea;tre l&#xe9;gitime si par ailleurs il y a un engagement libre et &#xe9;clair&#xe9;. Cette balance entre le d&#xe9;sengagement et l’engagement est le cœur de la modernit&#xe9;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;La seconde crise est celle de la raison. En effet, l’homme serait uniquement habit&#xe9; par lui-m&#xea;me et ses pr&#xe9;occupations propres, d&#xe9;tach&#xe9; de l’histoire commune. Cette crise de la raison est caract&#xe9;ris&#xe9;e par la tyrannie de l’&#xe9;motion. Les individus modernes s’enferment dans leur bulle, indiff&#xe9;rents aux affaires publics, centr&#xe9;s sur le soi et sur le monde personnel - reflet du narcissisme et de l’&#xe9;go&#xef;sme en fait.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Durkheim disait d&#xe9;j&#xe0; que &#xab; je ne suis certain de bien agir que si les motifs qui me d&#xe9;terminent tiennent non aux circonstances particuli&#xe8;res dans lesquelles je suis plac&#xe9;, mais &#xe0; ma qualit&#xe9; d’homme in abstracto &#xbb;. L’individu moderne serait donc de moins en moins libre puisqu’il ob&#xe9;irait aux mouvements de son cœur au lieu de suivre la sagesse de la raison.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;La crise de la stabilit&#xe9;, ensuite, montre la difficult&#xe9; &#xe0; lier des individus &#xe0; l’identit&#xe9; fluide. L’exemple type de cette crise est le couple. La relation amoureuse est cette chose que chacun essaye de conqu&#xe9;rir sans vraiment en saisir toute la dynamique. En effet, il y a toujours cet arbitraire entre une relation amoureuse forte et la protection du soi de ses participants. Paradoxalement, c’est souvent la femme qui redoute la trop forte d&#xe9;pendance amoureuse et qui n’a pas envie d’&#xea;tre enferm&#xe9; dans un r&#xf4;le de compagne ou d’&#xe9;pouse, ne voulant pas exister &#xe0; travers son mari. Cette derni&#xe8;re s’en rend compte au fil de la relation c’est-&#xe0;-dire qu’elle remarque un d&#xe9;calage entre ce qu’elle vit et ce qu’elle veut &#xea;tre. Ce refus de l’enfermement est caract&#xe9;ristique des soci&#xe9;t&#xe9;s modernes. L’amour contemporain recherche une distance variable, autorisant un double travail de construction de soi: celui de la relation amoureuse et celui qui permet de respirer un autre air. L’individu souhaite &#xe9;viter la routine des r&#xf4;les, les habitudes qui limitent son expression personnelle. Il &#xe9;prouve le sentiment que ses marges de jeu sont insuffisantes et il s’autorise alors un voyage, un d&#xe9;placement, une parenth&#xe8;se, voire une s&#xe9;paration. Il se met en vacances de son moi prisonnier et estime avoir le droit &#xe0; autre chose. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Georg Simmel exprime tr&#xe8;s bien cette fascination pour le changement: &#xab; ce que nous &#xe9;prouvons comme de la libert&#xe9; n’est souvent en r&#xe9;alit&#xe9; qu’un changement d’obligation; au moment o&#xf9;, &#xe0; la place de celle qu’on assumait jusqu’alors, vient s’en glisser une nouvelle, nous ressentons avant tout la disparition de la pression ant&#xe9;rieure; et parce que nous en somme lib&#xe9;r&#xe9;s, nous nous sentons en premier lieu absolument libres, mais la nouvelle obligation commence &#xe0; faire sentir son poids &#xe0; mesure que vient la fatigue, et d&#xe9;sormais, le processus de lib&#xe9;ration s’applique &#xe0; elle comme il avait pr&#xe9;c&#xe9;demment d&#xe9;bouch&#xe9; sur elle &#xbb;. C’est pour cela que (dans un situation de couple notamment) la d&#xe9;liaison provisoire est pr&#xe9;f&#xe9;rable &#xe0; la rupture pour r&#xe9;soudre les contradictions internes de l’individu. Une des contradictions est ressentie comme la r&#xe9;duction &#xe0; une seule dimension de l‘identit&#xe9;, et en cons&#xe9;quence la disparition du sentiment de libert&#xe9;. Le propre de la modernit&#xe9; est cette tension entre stabilit&#xe9; et mouvement. Si certaines personnes restent encore dans un cul de sac domestique c’est parce que la vie conjugale procure de la s&#xe9;curit&#xe9; et des conditions plus ais&#xe9;es pour la structuration du soi. Entre l’enracinement qui emprisonne et l’errance qui ins&#xe9;curise, les individus &#xe9;labore des compromis qui leur permettent de cr&#xe9;er des liens assez &#xe9;lastique pour si possible ne pas rompre. Il faut donc retrouver une identit&#xe9; fluide qui est n&#xe9;cessairement multidimensionnelle. L’id&#xe9;al est un amour libre, au sens de lib&#xe9;r&#xe9; de l’exc&#xe8;s amoureux, un amour qui n’enferme pas, qui n’ali&#xe8;ne pas afin d’&#xea;tre libre ensemble. Un autre d&#xe9;saccord qui suscite le m&#xe9;contentement et l’insatisfaction est la prise de conscience du d&#xe9;calage entre ce que la personne croit &#xea;tre la v&#xe9;rit&#xe9; de soi et l’image que l’autre a de soi. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;La crise des normes enfin, pourrait soulever le probl&#xe8;me du manque de rep&#xe8;re dans nos soci&#xe9;t&#xe9;s. En r&#xe9;alit&#xe9;, les difficult&#xe9;s proviennent de la multiplicit&#xe9; de ces normes. La tyrannie de l’intimit&#xe9; nous indiquerait aujourd’hui que le social serait remplac&#xe9; par le personnel. Le besoin de saisir le singulier, le souci de la particularisation est davantage d&#xe9;velopp&#xe9; que l’aspiration au g&#xe9;n&#xe9;ral. L’essence du moderne c’est le psychologisme, le fait d’&#xe9;prouver et d’interpr&#xe9;ter le monde selon les r&#xe9;actions de notre int&#xe9;riorit&#xe9;. Les r&#xe8;gles ne sont pas contest&#xe9;s mais on estime &#xea;tre assez grand pour juger de leur juste application. On passe d‘un r&#xe9;gime de la similitude &#xe0; un r&#xe9;gime de l‘alt&#xe9;rit&#xe9;: chacun doit &#xea;tre reconnu dans sa diff&#xe9;rence. Cela est visible dans l’&#xe9;ducation, o&#xf9; on est pass&#xe9; d’une &#xe9;ducation centr&#xe9;e sur la transmission &#xe0; une &#xe9;ducation centr&#xe9;e sur le d&#xe9;veloppement des potentialit&#xe9;s de l’&#xe9;l&#xe8;ve. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Dans les soci&#xe9;t&#xe9;s modernes, la normativit&#xe9; psychologique s’est impos&#xe9;e mais n’a pas fait dispara&#xee;tre le r&#xe9;gime de normativit&#xe9; de la r&#xe8;gle pour trois exigences sociales: l’&#xe9;galit&#xe9; de traitement, la vie commune, le respect de certain savoir. L’individu doit donc apprendre &#xe0; manier cette alternance de normativit&#xe9;. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;D’apr&#xe8;s Fran&#xe7;ois de Singly toujours, l’id&#xe9;al du lien se trouve entre libert&#xe9;, convivialit&#xe9; et respect mutuel. Il y a un &#xe9;quilibre a trouver entre la tyrannie du formalisme c’est-&#xe0;-dire que des inconnus peuvent entrer en contact sans r&#xe9;f&#xe9;rer &#xe0; leurs particularit&#xe9;s individuelles (savoir le monde) et la tyrannie de l’intimit&#xe9; c’est-&#xe0;-dire une conversation centr&#xe9;e sur l’histoire personnelle de chacun avec anecdote, r&#xe9;cit de soir&#xe9;e,…&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 10 Aug 2006 21:14:00 GMT</pubDate></item><item><title>La folie du foot</title><dc:creator>Benjamin Wolff</dc:creator><link>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2006/07/25/2526574.html</link><category>Actualit&#xe9; et m&#xe9;dias</category><comments>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2006/07/25/2526574.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://wbenjamin.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2526574/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2006/07/25/2526574.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Le foot totalitaire, l’overdose m&#xe9;diatique. Le foot &#xe9;tait dans tous les cœurs et dans toutes les t&#xea;tes pendant plus d’un mois. Pourquoi une telle passion, notamment chez les hommes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit que le football est une tr&#xe8;s belle m&#xe9;taphore de la condition humaine: r&#xf4;le de l’individu au sein de l’&#xe9;quipe, exaltation du m&#xe9;rite, al&#xe9;as de la fortune et du destin, march&#xe9; mondial des joueurs avec ventes et achats, d&#xe9;bats sur la simulation, condamnation de la triche, critique de l’arbitraire, grande place &#xe0; l’injustice, violence, r&#xf4;le de la chance et m&#xea;me une certaine dose de sacr&#xe9;. En effet, d’apr&#xe8;s Patrick Mignon, le foot serait une nouvelle forme de religiosit&#xe9; o&#xf9; le stade serait l’&#xe9;glise des temps modernes et les spectateurs viendraient y acclamer leurs idoles et leurs dieux. Toujours selon lui, le foot permet aux hommes de retrouver leur statut de m&#xe2;le guerrier, courageux, solidaire et patriote. Les hommes regardent le foot pour assouvir leurs pulsions de guerre. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le foot est bien plus qu’une pratique sportive, c’est un spectacle t&#xe9;l&#xe9;vis&#xe9;. Avant le match on s’appelle et on esp&#xe8;re, pendant on participe et apr&#xe8;s on boit et on mange. Au sein d‘un groupe o&#xf9; chacun revendique une appartenance, les hommes peuvent afficher des &#xe9;motions qu’ils n’osent pas montrer d’ordinaire, ils peuvent s’exprimer sans d&#xe9;tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le foot c’est aussi la dictature du profit et des publicitaires ou bien encore le dopage (au m&#xea;me titre que le v&#xe9;lo). Les questions (d&#xe9;biles) pos&#xe9;es aux t&#xe9;l&#xe9;sp&#xe9;ctateurs durant les matchs de la coupe du monde sont une insulte faite aux amateurs de foot. Du style: quel fut le plus grand joueur hollandais ? Johan Cruyff ou… Michel Platini ? Les cha&#xee;nes de t&#xe9;l&#xe9; ainsi que les op&#xe9;rateurs t&#xe9;l&#xe9;phoniques s’en mettent plein les poches. De quoi siffler p&#xe9;nalty. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#xe0; en croire l’ultra gauchiste Jean-Marie Brohm qui vient d‘&#xe9;crire &#xab; le football, une peste &#xe9;motionnelle &#xbb;; ce sport n’est qu’infantilisation, cr&#xe9;tinisation, non pens&#xe9;e et non raison. Non pas le football en tant qu&apos;&#xe9;ducation physique mais sa manipulation, par encadrement pulsionnel des foules. Le foot serait l’opium du peuple qui d&#xe9;tourne l’homme de la revendication et l’&#xe9;loigne de la culture. Certes, le coup de t&#xea;te de Zidane a fait plus de bruit que le m&#xe9;ga bordel de 3000 m&#xb2; pouvant accueillir 650 clients et 40 000 prostitu&#xe9;es. On peut certainement parler de d&#xe9;mesure du spectacle footballistique mais ce monsieur a occult&#xe9; la notion de divertissement, dont l’homme lui-m&#xea;me ne peut se passer. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, chacun s’est senti concern&#xe9; de donner son avis sur l&apos;acte final du h&#xe9;ros national Zizou. Alors &#xe0; mon tour de faire deux remarques: d’un point de vue tr&#xe8;s g&#xe9;n&#xe9;ral d‘abord, on constate le petit quelque chose qui emp&#xea;che un homme de devenir un Dieu vivant, l’imperfection humaine nous rattrape. Ensuite, c’est seulement &#xe0; 10 minutes de sa retraite que Zin&#xe9;dine Zidane s’est enfin servi de sa t&#xea;te…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 24 Jul 2006 23:12:00 GMT</pubDate></item><item><title>La pornographie ou l&apos;&#xe9;puisement du d&#xe9;sir (2)</title><dc:creator>Benjamin Wolff</dc:creator><link>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2006/03/06/1478638.html</link><category>Sociologie</category><comments>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2006/03/06/1478638.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://wbenjamin.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/1478638/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2006/03/06/1478638.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Pr&#xe9;c&#xe9;demment, nous avons vu avec Patrick Baudry le lien entre l’image pornographique et le spectateur. Le film porno montre les rites de l’amour sorti d’un contexte sentimental: il d&#xe9;crit simplement les m&#xe9;canismes physiologiques. Il n’y a pas d’&#xe9;motions mais des sensations. La philosophe Michela Marzano s’est int&#xe9;ress&#xe9;e &#xe0; ce m&#xea;me th&#xe8;me d’un point de vue plus &#xe9;thique dans son ouvrage &lt;u&gt;La pornographie ou l’&#xe9;puisement du d&#xe9;sir&lt;/u&gt;. Elle ne cherche pas &#xe0; dire ce qu’il faut faire ou penser, mais plut&#xf4;t &#xe0; montrer que l’envahissement des repr&#xe9;sentations pornographiques impose une vision particuli&#xe8;re de l’humain.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Elle &#xe9;tudie cette vision de l’homme gr&#xe2;ce &#xe0; la notion de d&#xe9;sir. En effet, on ne peut pas parler de sexualit&#xe9; et de pornographie sans aborder la question du d&#xe9;sir. Celui-ci est difficile &#xe0; saisir parce qu’il est l’essence m&#xea;me de l’homme. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;La principale caract&#xe9;ristique du d&#xe9;sir est le manque:nous d&#xe9;sirons ce qui nous manque. Le d&#xe9;sir existe quand l’individu d&#xe9;cide de tendre vers ce qu’il n’a pas, de combler ses failles. C’est ce manque l&#xe0;, cette faille, qui nous d&#xe9;finit et nous permet d’acc&#xe9;der au statut de sujet. Mais il ne s’agit pas d’un manque qui se referme sur lui-m&#xea;me. Bien au contraire, il engendre le mouvement d’ouverture sur les autres et est la condition de tout projet. C’est lui qui permet &#xe0; chacun de s’activer, d’aller vers la rencontre, de se projeter hors de soi-m&#xea;me. C’est pourquoi le d&#xe9;sir n’est jamais un point pr&#xe9;cis, c’est une esp&#xe8;ce de ligne de fuite, une expansion. Il est toujours un d&#xe9;sir de quelque chose, mais en m&#xea;me temps, il est d&#xe9;sir d’autre chose que de l’objet d&#xe9;sir&#xe9;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que le d&#xe9;sir ne se r&#xe9;duit pas &#xe0; l’objet qu’on d&#xe9;sire. Comme si pour satisfaire un d&#xe9;sir, il suffisait d’accomplir un certain nombre de gestes pour poss&#xe9;der l’objet. Si l’individu satisfaisait ses d&#xe9;sirs, il serait quelqu’un de &#xab; plein &#xbb; et de referm&#xe9; sur lui-m&#xea;me, dans une suffisance profonde et ne pourrait envisager un rapport avec le &#xab; dehors &#xbb;, c’est-&#xe0;-dire l‘autre.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;C’est pourquoi le d&#xe9;sir est essentiellement diff&#xe9;rent du besoin. Le d&#xe9;sir et le besoin sont li&#xe9;s au manque. Cependant, contrairement au besoin, le d&#xe9;sir ne tend pas &#xe0; la possession. Le besoin, lui, demande d’&#xea;tre satisfait par la consommation de son objet. Par exemple la faim, c’est-&#xe0;-dire le besoin de nourriture, dispara&#xee;t en mangeant des aliments. On voit donc ici que l’objet dispara&#xee;t et le besoin &#xe9;galement: la nourriture perd son alt&#xe9;rit&#xe9; c’est-&#xe0;-dire qu’elle n’est plus autre mais entre en &#xab; moi &#xbb;, dans le &#xab; m&#xea;me &#xbb;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;En revanche, lorsque le d&#xe9;sir sexuel entre en jeu, on ne peut pas priver l’autre d’&#xea;tre un autre. L’autre ne peut plus dispara&#xee;tre comme s’il s’agissait de nourriture. Le d&#xe9;sir sexuel existe d&#xe8;s lors qu’on renonce &#xe0; faire de l’objet de son d&#xe9;sir une chose &#xe0; consommer. L’autre est celui qui nous renvoie &#xe0; notre manque car c’est celui que nous ne sommes pas. Il nous oblige &#xe0; renoncer &#xe0; une possession totale car celui qui cherche &#xe0; aller jusqu’au bout de la possession efface l‘autre, d&#xe9;truit son d&#xe9;sir et supprime l’objet. Prendre conscience et accepter sa propre faille &#xe9;quivaut &#xe0; reconna&#xee;tre ce que je n’ai pas. C’est donc admettre une certaine d&#xe9;pendance &#xe0; l’autre et emp&#xea;cher de le d&#xe9;truire ou de le transformer en chose &#xe0; poss&#xe9;der. Lorsque le d&#xe9;sir se satisfait comme un besoin, alors l’autre n’est plus le signe de ce que je n’ai pas. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;C’est ici qu’entre en jeu la pornographie. En effet, dans un film X, ce qui est repr&#xe9;sent&#xe9; est l’absence du manque. Pour faire compliquer, &#xab; l’appropriation r&#xe9;duit l’objet du d&#xe9;sir &#xe0; une chose qu’en tant qu’avoir, est un &#xe9;tant ayant perdu son &#xea;tre &#xbb;. Et pour faire simple: l’individu perd son statut de sujet (d’&#xea;tre) et devient un instrument (avoir).&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;En effet, la rencontre sexuelle avec l’autre n’as pas lieu, le visage est montr&#xe9; mais a perdu toute signification. Ce visage est un &#xe9;l&#xe9;ment comme n’importe quel autre &#xe9;l&#xe9;ment du corps. Le visage n’est plus &#xab; le voile &#xbb; sous lequel l’alt&#xe9;rit&#xe9; (c’est-&#xe0;-dire le fait d’&#xea;tre autre) peut se cacher. Car d&#xe9;sirer une femme, ce n’est pas d&#xe9;sirer son corps, sa bouche, ses mains ou ses seins, mais d&#xe9;sirer tous les paysages qu’elle a en elle, qu’on peut visiter avec elle, que le sujet peut accomplir &#xe0; partir de ce qu’elle repr&#xe9;sente, qu’elle engendre, qu’elle rend possible.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Dans le rapport sexuel, on donne et on re&#xe7;oit. On perd momentan&#xe9;ment son alt&#xe9;rit&#xe9;: les deux d&#xe9;sirs se trouvent, se m&#xea;lent, se confondent presque. Chacun r&#xe9;pond &#xe0; l’autre et il s’instaure une compr&#xe9;hension intime. On se perd et s’abandonne &#xe0; l’autre. L’expression &#xab; quand on aime, on ne compte pas &#xbb; indique pr&#xe9;cis&#xe9;ment le fait de s’oublier en se consacrant &#xe0; l‘autre.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Dans le rapport sexuel na&#xee;t une r&#xe9;ciprocit&#xe9;. On sent l’autre nous sentir. On est pris par le d&#xe9;sir que l’autre a pour nous et on provoque les d&#xe9;sirs par des &#xe9;lans spontan&#xe9;s car mon d&#xe9;sir ne peut s’accomplir qu’&#xe0; une condition: si j’&#xe9;veille en l’autre un d&#xe9;sir &#xe9;gal au mien. Le jeu de l‘amour consiste &#xe0; faire co&#xef;ncider deux d&#xe9;sirs et de transformer la possession physique en une possession psychique.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;La sexualit&#xe9; est le lieu de l’&#xe9;tonnement. Nous nous laissons surprendre par l’autre et par son d&#xe9;sir, lorsqu’il r&#xe9;v&#xe8;le en nous ce qui nous manque, sans savoir exactement comment pourra se d&#xe9;rouler la rencontre. Dans la pornographie il n’y a pas de r&#xe9;ciprocit&#xe9;, elle est le lieu des st&#xe9;r&#xe9;otypes: chaque sc&#xe8;ne est soumise &#xe0; la contrainte. Chacun utilise les autres et,&#xe0; son tour, est utilis&#xe9;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Ensuite la sc&#xe8;ne de sexe du film porno est caract&#xe9;ris&#xe9;e par la transparence, l’absence d’intime. L’homme et la femme qui constituent la sc&#xe8;ne de sexe du film sont en m&#xea;me temps tous les hommes et toutes les femmes. Leur rencontre est &#xe0; la fois leur propre rencontre et la m&#xe9;taphore de toute rencontre entre un homme et une femme. En ce sens, la pornographie qui pense lib&#xe9;rer les esprits, imagine plut&#xf4;t &#xe0; la place des spectateurs. La libert&#xe9; qu’ils pr&#xe9;tendent affirmer est en r&#xe9;alit&#xe9; une nouvelle servitude. Le myst&#xe8;re de l’intime est cass&#xe9;. L’intime, renvoyant &#xe0; ce qui est int&#xe9;rieur, profond, constitue le noyau dur de l’individu, sa sph&#xe8;re priv&#xe9;e. A l’oppos&#xe9; de la n&#xe9;cessit&#xe9; d’avoir des secrets pour se s&#xe9;parer des autres, l’individu &#xe9;prouve le besoin de se montrer, d’&#xea;tre regard&#xe9;. Le mod&#xe8;le de la transparence dans le porno casse les mouvements entre le repli sur soi et la reconnaissance de l’autre. La transparence de l’image pornographique, c’est-&#xe0;-dire le fait de voir au-del&#xe0; de la surface, gomme la signification qui normalement, est au-del&#xe0; de la surface. Le signifiant est surface. Leur identit&#xe9; se r&#xe9;duit &#xe0; une suite d’actions.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Le X d&#xe9;shumanise les hommes et les femmes par l’imposition d’un mod&#xe8;le auquel ils doivent se conformer ind&#xe9;pendamment de leurs sp&#xe9;cificit&#xe9;s. La bouche, le vagin et l’anus n’ont pas de statuts diff&#xe9;rents, ils ne sont que des trous de jouissance. De plus, les fonctions sexuelles et excr&#xe9;mentielles sont voisines dans le corps humain alors qu’elles travaillent dans le sens inverse: le sexe cr&#xe9;e et l’excr&#xe9;ment &#xab; d&#xe9;-cr&#xe9;e &#xbb;. Dans une œuvre pornographique, la distinction n’est plus faite. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Michela Marzano va loin dans ses propos en parlant du X:&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&#xab; Les &#xea;tres humains sont des instruments dont on use, des chairs que l’on p&#xe9;n&#xe8;tre avant d’&#xe9;liminer. Ainsi le corps est r&#xe9;duit &#xe0; un cadavre, et le cadavre taill&#xe9; en pi&#xe8;ce. D’o&#xf9; une chair qui n’est plus humaine. D’o&#xf9; la barbarie. &#xbb;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Ou encore: &#xab; Ces repr&#xe9;sentations reprennent d’ailleurs des &#xe9;l&#xe9;ments de l’esth&#xe9;tique nazie pour mettre en sc&#xe8;ne l’aboutissement de la d&#xe9;personnalisation. Ces situations, de non r&#xe9;alit&#xe9; finalement, nourrissent les id&#xe9;es nazis. &#xbb;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Alors on est tent&#xe9; de dire, et le choix des actrices dans tous &#xe7;a ? Malheureusement, c’est un autre d&#xe9;bat ! Il faut juste reconna&#xee;tre la difficult&#xe9; de choisir librement lorsqu’on se trouve dans une situation d’ignorance et de besoin. J&apos;irai att&#xe9;nuer le propos en disant que l&apos;image pornographique permet aussi de nourrir l&apos;imaginaire masturbatoire car elle permet de penser que sa propre sexualit&#xe9; existe par l&apos;imaginaire des repr&#xe9;sentations.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;J’ajouterai, et &#xe7;a n’engage que moi, que la pornographie est en phase avec le n&#xe9;olib&#xe9;ralisme de ces jours-ci. La d&#xe9;centralisation de l’homme au d&#xe9;pend de la maximisation de l’excitation des spectateurs, c’est-&#xe0;-dire le profit. Et l’homme dans tous &#xe7;a ?&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 06 Mar 2006 19:58:00 GMT</pubDate></item><item><title>Sociologie de la pornographie</title><dc:creator>Benjamin Wolff</dc:creator><link>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2006/02/25/1426230.html</link><category>Sociologie</category><comments>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2006/02/25/1426230.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://wbenjamin.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/1426230/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2006/02/25/1426230.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Patrick Baudry, sociologue, est l’un des premiers en France &#xe0; s’&#xea;tre int&#xe9;ress&#xe9; &#xe0; l’image pornographique. Cela fait d&#xe9;j&#xe0; quelques ann&#xe9;es maintenant qu’il a publi&#xe9; &lt;u&gt;La pornographie et ses images.&lt;/u&gt; Dans nos soci&#xe9;t&#xe9;s contemporaines, cette image pornographique est &#xe0; la fois cach&#xe9;e et omnipr&#xe9;sente, et touche un public extr&#xea;mement vari&#xe9;. On parle d’ailleurs aujourd’hui d’une v&#xe9;ritable industrie du sexe qui g&#xe9;n&#xe8;re des chiffres d’affaires colossaux. Cette consommation de masse a d&#xe9;marr&#xe9; dans les ann&#xe9;es 80 avec l’apparition du magn&#xe9;toscope, c’est-&#xe0;-dire la possibilit&#xe9; de projeter chez soi les vid&#xe9;os pornographiques. Une mixit&#xe9; des publics s’amorce, c’est-&#xe0;-dire qu’au lieu d’un public essentiellement masculin de la salle de cin&#xe9;ma, nous avons un public masculin et f&#xe9;minin avec la vid&#xe9;ocassette, le DVD puis internet. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Ce qui a amen&#xe9; &#xe0; m’int&#xe9;resser &#xe0; la pornographie, et ce en quoi la pornographie est un objet d’&#xe9;tude tout aussi s&#xe9;rieux qu’un autre, c’est pr&#xe9;cis&#xe9;ment que ce genre cin&#xe9;matographique ne concerne plus que quelques masturbateurs c&#xe9;libataires. En effet, cette sexualit&#xe9; d’image n’est pas qu’une sexualit&#xe9; de remplacement ou une pratique compensatoire, mais ce sexe imagier vient en plus d’une sexualit&#xe9; de relation. Pour beaucoup de consommateurs, ces films constituent une autre mani&#xe8;re de vivre le sexe. Ils offrent des angles de vues et produisent du voir. Un voir particulier puisqu’il s’agit de voir ce qui dans la sexualit&#xe9; quotidienne est invisible et en plus, de voir autre chose que ce qu’ils font d‘habitude. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;A partir de l&#xe0;, on peut distinguer deux choses radicalement diff&#xe9;rentes &#xe0; savoir la mise en sc&#xe8;ne du sexe dans le film pornographique et la sexualit&#xe9; relationnelle. Tout comme le spectateur d’un film normal voit du &#xab; vrai &#xbb; qui est du &#xab; faux &#xbb; tandis que le spectateur de l’imagerie sexuelle voit du &#xab; faux &#xbb; qui est du &#xab; vrai &#xbb;. En effet, le pornographique r&#xe9;duit la sexualit&#xe9; au sexe. Normalement la sexualit&#xe9; comprend le sexe et les &#xe9;motions mais les images pornographiques ne sont pas faites d’&#xe9;motions ni faites pour l’&#xe9;motion. Ce sont des images faites pour la sensation: &#xe0; la fois on s’excite et l’excitation est un spectacle &#xe0; quoi l’on assiste.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;C’est pr&#xe9;cis&#xe9;ment parce que les mani&#xe8;res de faire des acteurs et actrices ne sont pas celles que nous connaissons dans notre vie sexuelle, qu’il s’agit d’un m&#xe9;tier. L’actrice ne jouit pas car elle est la jouissance elle-m&#xea;me, et c’est parce qu’elle ne jouit pas qu’elle peut affirmer que c’est un m&#xe9;tier. La femme est le mat&#xe9;riau premier des cassettes vid&#xe9;o. L’acteur se tient aux cot&#xe9;s de l’actrice, et c’est elle que l’on voit. L’acteur se contente d’aider &#xe0; mettre en sc&#xe8;ne la mise en sc&#xe8;ne du sexuel. C’est l’excitation f&#xe9;minine qui est spectaculaire, l’excitation masculine va de soi et accompagne la performance de l’actrice car c’est elle qu’on juge essentiellement.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &#xab; C’est elle qui s’observe surtout et dont on appr&#xe9;cie les talents et le professionnalisme. C’est moins l’&#xe9;rection qui se regarde que le r&#xe9;sultat d’une fellation, ou moins l’&#xe9;jaculation que sa capacit&#xe9; masturbatoire ou sa bouche. Ce sont les l&#xe8;vres et ses yeux que l’on juge, le mouvement de ses fesses et la forme qu’elle donne &#xe0; ses seins. C’est la mine de son excitation que l’on guette. Ce sont ses mouvements de langue, le creusement de ses joues, son regard qui s’&#xe9;valuent. C’est son maquillage et son vernis &#xe0; ongles, l’ondulation de ses cheveux, ses g&#xe9;missements et les mots qu’elle prononce qui sont surtout test&#xe9;s. &#xbb;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Ensuite, le plaisir r&#xe9;side dans le fait que les femmes sont disponibles, &#xe0; un usage sexuel: leur corps est r&#xe9;duit au sexe du corps. Elles n’ont pas d’exigences particuli&#xe8;res, mais sont plut&#xf4;t faites pour les exigences qu’on peut en avoir d&apos;elles. Pendant que l’actrice s’ennuie et qu’elle est ailleurs, c’est l&#xe0; qu’elle se rend disponible. Non pas d’elle-m&#xea;me mais c’est nous qui constituons sa disponibilit&#xe9; pour nous. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;L’id&#xe9;e centrale est qu’il ne faut pas s’interroger sur la sexualit&#xe9; qui se voit dans le film mais sur la mani&#xe8;re que l’image a de la montrer. La pornographie n’est pas simplement un contenu, c’est une ambiance g&#xe9;n&#xe9;r&#xe9;e dans le rapport entretenu &#xe0; un contenu sp&#xe9;cifique. On peut &#xe9;num&#xe9;rer quatre caract&#xe9;ristiques de cette image: la pr&#xe9;cipitation de la sc&#xe8;ne sexuelle (le dialogue dure quelques secondes), la saturation du sexe c’est-&#xe0;-dire qu’on ne voit que &#xe7;a dans ces films, la sexualit&#xe9; est de type professionnel qui donne &#xe0; l‘image ses caract&#xe9;ristiques et son ambiance: nous avons vu en quoi c’est un m&#xe9;tier, et enfin le &#xab; hors r&#xe9;cit &#xbb;. Le hors r&#xe9;cit c’est-&#xe0;-dire hors de toute contrainte narrative, d’un sc&#xe9;nario pr&#xe9;textuel et surtout le pr&#xe9;texte d’y avoir aucun texte: le film X ne raconte rien.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Le porno ne montre rien que nous ne sachions d&#xe9;j&#xe0;. Voir des gens faire l’amour ne proc&#xe8;de pas en soi d’une nouveaut&#xe9;. Le porno fait voir du d&#xe9;j&#xe0; su. Le spectateur sait comment vont s’encha&#xee;ner les s&#xe9;quences. Il ne regarde pas mais voit qu’il v&#xe9;rifie que ce qu’il voit devait se produire: Parfois il se pr&#xe9;cipite vers la sc&#xe8;ne qui l’int&#xe9;resse le plus puisqu‘il sait tout, il n‘y &#xe0; rien d‘autre &#xe0; voir que ce qui sera vu: d&#xe9;shabillage rapide - fellation - cunnilingus - p&#xe9;n&#xe9;trations multiples - sodomie - &#xe9;jaculation faciale. C’est uniquement le corps qui fait r&#xe9;cit: le r&#xe9;cit se fait corps. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Voir un film X, ce n’est pas regarder par la fen&#xea;tre des voisins qui font l’amour. Ni m&#xea;me voir des acteurs faire l’amour. Mais assister &#xe0; des sc&#xe8;nes cod&#xe9;es o&#xf9; ce que l’on voit ce sont des gens qui font du &#xab; faire l’amour &#xbb;. L’image n’est qu’apparence et surface et si l’on pense que l’image montre la r&#xe9;alit&#xe9;, c’est parce qu’elle est une construction du r&#xe9;el: elle trompe falsifie et illusionne. Mais en r&#xe9;alit&#xe9; elle d&#xe9;construit la v&#xe9;ritable relation sexuelle.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;L’id&#xe9;e principale du livre de Patrick Baudry est certainement qu’on ne regarde pas un film porno, on voit peu, mais on visualise. En effet, la puissance de l’image n’existe que lors de la premi&#xe8;re projection: au moment de sa d&#xe9;couverte, elle captive, sature la vision et cl&#xf4;t le regard. La revoir oblige &#xe0; ne plus jamais la voir telle qu’elle avait &#xe9;t&#xe9; vue, avec une telle puissance et un tel aveuglement. La revoir oblige en fait &#xe0; commencer de la voir et de la regarder. La puissance de l’image existe car elle est seulement visualis&#xe9;e: c’est dans l’instantan&#xe9;e et l’actuel que r&#xe9;side le plaisir. Les images sexes du film porno sont &#xe0; la fois investies et visionn&#xe9;es: le spectateur redouble la position de l’acteur se voyant voir. Dans le X on est pas pris par l’image, mais on est pris par une ambiance g&#xe9;n&#xe9;r&#xe9;e par l’image. Pour diff&#xe9;rencier la sc&#xe8;ne de X et la relation sexuelle intime, l’acteur installe un d&#xe9;calage entre les deux (aussi pour montrer qu‘il s‘agit d‘un m&#xe9;tier). Ainsi il joue &#xe0; jouer un r&#xf4;le d’o&#xf9; la distanciation entre le corps de l’acteur et l’acteur lui-m&#xea;me. Et du cot&#xe9; du spectateur, il s’agit de se voir voir, d’un d&#xe9;calage entre soi et le spectateur. Il y a cette capacit&#xe9; &#xe0; jouer avec sa propre excitation, de se superviser dans le rapport qu’on a &#xe0; l’ennui, au d&#xe9;go&#xfb;t, &#xe0; l’excitation, &#xe0; la transgression.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Le porno est donc un monde en tant que tel qui se situe &#xe0; cot&#xe9; de la vie sociale. Et le ph&#xe9;nom&#xe8;ne de sexualisation est directement li&#xe9; &#xe0; l’&#xe9;volution des technologies qui permet de montrer et surtout de d&#xe9;montrer le sexe. &lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Si l’on peut &#xe9;chapper &#xe0; la sexualit&#xe9;, il est cependant difficile d’&#xe9;chapper au sexe.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 25 Feb 2006 03:44:00 GMT</pubDate></item><item><title>Th&#xe9;orie de l&apos;action m&#xe9;nag&#xe8;re </title><dc:creator>Benjamin Wolff</dc:creator><link>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2006/02/12/1363630.html</link><category>Sociologie</category><comments>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2006/02/12/1363630.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://wbenjamin.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/1363630/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2006/02/12/1363630.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Retournons aux activit&#xe9;s quotidiennes de la vie, avec Jean-Claude Kaufmann, sociologue. Il explore cette fois-ci le monde m&#xe9;nager: quelles forces poussent &#xe0; ranger, &#xe0; &#xe9;pouster, &#xe0; faire les vitres, &#xe0; laver et &#xe0; repasser ? C’est dans son livre &lt;u&gt;le cœur &#xe0; l’ouvrage&lt;/u&gt; qu’il &#xe9;tudie les lois de l’action m&#xe9;nag&#xe8;re.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;En effet, ces gestes sont si profond&#xe9;ment inscrits dans notre corps que nous ne pensons plus &#xe0; eux et apparaissent m&#xea;me comme insignifiants. Mais faut-il rappeler qu’une des caract&#xe9;ristiques fortes de l’homme est la propret&#xe9;: le premier apprentissage de l’enfant est celui de la propret&#xe9;. &#xca;tre propre, c’est appartenir &#xe0; la civilisation et marquer la fronti&#xe8;re avec la salet&#xe9;, le non-soi. Ainsi faire le m&#xe9;nage au sens des choses, c’est aussi faire du m&#xe9;nage au sens des personnes, constituer de la famille. Si on laisse aller les choses, si on n’arrive pas &#xe0; organiser le m&#xe9;nage, la famille casse. Ces gestes familiers constituent donc la base de l’existence du groupe.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Jean-Claude Kaufmann s’int&#xe9;resse ensuite &#xe0; la soci&#xe9;t&#xe9; des objets. Selon lui, les objets stockent de la m&#xe9;moire humaine et fonctionnent comme un rep&#xe8;re pour l’homme. Mais avant d’&#xea;tre des rep&#xe8;res, ils ont n&#xe9;cessit&#xe9; un long apprentissage: la fourchette par exemple, a exig&#xe9; des ann&#xe9;es d’exercices physiques et d’inculcation culturelle pour &#xea;tre correctement tenue, jusqu’&#xe0; l’aboutissement signal&#xe9; par l’oubli de l’avoir appris. Quand il s’agit d’un objet nouveau, on le tripote pour identifier de nouveaux rep&#xe8;res dans le contact avec les choses, une sorte d’exploration, comme si on voulait le faire entrer en soi. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Ainsi, il est souvent difficile de se s&#xe9;parer de vieil objet car celui-ci avait incorpor&#xe9; une part du soi: comment pourrait-il ne pas &#xea;tre difficile de se s&#xe9;parer de soi ? C’est pourquoi le rangement des choses famili&#xe8;res est particuli&#xe8;rement p&#xe9;nible car il renvoie &#xe0; un tri identitaire. D’une part l’identit&#xe9; de la personne se diffuse dans les objets que nous faisons parler, d’autre part le corps biologique est &#xe0; distinguer du corps sociologique: les objets sont incorpor&#xe9;s au sens strict et s’introduisent dans l’univers de la routine. Ainsi le corps sociologique est &#xe0; g&#xe9;om&#xe9;trie variable.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Le m&#xe9;nage est tr&#xe8;s souvent l’occasion d’un corps &#xe0; corps individuel avec les objets, d&#xe9;tr&#xf4;nant les personnes. Mais la personnalisation de l’&#xe9;change avec l’objet n’est qu’un moment du processus o&#xf9; la personne fabrique du familial &#xe0; travers le mouvement des mains. Paradoxalement, la famille se fabrique &#xe0; partir d’actions fortement individualis&#xe9;es. La sensation de plaisir s’inscrit dans un imaginaire fait de symbolique, d’images fortes et id&#xe9;alis&#xe9;es: pass&#xe9;, pr&#xe9;sent, avenir s’encha&#xee;nent (rem&#xe9;moration des sc&#xe8;nes et des personnes lors du repassage en fonction des diff&#xe9;rents v&#xea;tements, souvenirs d’odeurs, rappels d’enfance, projections de sc&#xe8;nes futures, etc.) &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Quels sont donc les facteurs qui nous poussent &#xe0; l’action m&#xe9;nag&#xe8;re ? Les personnes interrog&#xe9;es ont une r&#xe9;ponse simple: il faut le faire parce qu’il faut que ce soit fait. En r&#xe9;alit&#xe9;, la remise en ordre des choses est double: l’ordre concret des choses bien s&#xfb;r, mais aussi l’ordre qui est dans la t&#xea;te. En d’autres termes, la t&#xea;te se vide de ses impuret&#xe9;s en m&#xea;me temps que les mains nettoient et les id&#xe9;es se remettent en place en m&#xea;me temps que les choses sont rang&#xe9;es. Cet ordre mental, enregistr&#xe9; par l’individu sous forme de sch&#xe9;ma mental, constitue la r&#xe9;f&#xe9;rence ultime. Avant donc de d&#xe9;clancher l’action, le regard transmet l’information &#xe0; savoir que le sch&#xe9;ma habituel n’est plus respect&#xe9;. L’action a donc pour but de reconstruire la correspondance avec le sch&#xe9;ma mental incorpor&#xe9;, de supprimer la confusion de l’esprit. Donc il faut non seulement le faire pour que ce soit fait, mais il faut en plus le faire comme &#xe7;a doit &#xea;tre fait, remettre les choses &#xe0; leurs places.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Mais si on est oblig&#xe9; de faire du m&#xe9;nage, on s’oblige aussi &#xe0; le faire. En effet, le sens de l’action consiste &#xe0; inscrire en soi les normes d’obligation qui sont per&#xe7;ues comme des r&#xe9;f&#xe9;rences ext&#xe9;rieures. L’int&#xe9;riorisation de ces normes accentue alors l’efficacit&#xe9; des automatismes en diminuant la p&#xe9;nibilit&#xe9; de l’action. Le mod&#xe8;le vis&#xe9; est celui de l’automatisme parfait, supprimant les doutes et la pesanteur du corps. Mais l’individu ne doit pas non plus devenir l’esclave de cet automatisme, c’est pourquoi on parle plus largement d’habitude. Cette derni&#xe8;re reste ouverte &#xe0; la pens&#xe9;e, enregistre le nouveau et reformule l’ancien.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;L’habitude profonde, c’est-&#xe0;-dire quand le corps seul m&#xe8;ne la danse, est un mod&#xe8;le rarement atteint. Quand l’automatisme ne parvient pas &#xe0; entra&#xee;ner le corps, la p&#xe9;nibilit&#xe9; augmente. L’action m&#xe9;nag&#xe8;re ne rel&#xe8;ve plus d’une simple injonction qui facilitait l’aisance et la fluidit&#xe9; des gestes, mais des questions surgissent (pourquoi le repassage de ceci ? Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ?) et cr&#xe9;ent une distance entre les id&#xe9;es et les gestes.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Cette p&#xe9;nibilit&#xe9; n’est pas la m&#xea;me pour tous; elle varie selon le contexte de l’activit&#xe9; et selon la m&#xe9;moire personnelle: elle est une construction sociale. Pour que cette p&#xe9;nibilit&#xe9; s’efface, il faut qu’il y ait unit&#xe9; du soi avec les gestes. Plus le doute est fort sur le r&#xf4;le &#xe0; tenir en mati&#xe8;re de nettoyage, plus la p&#xe9;nibilit&#xe9; fait surface. Le but recherch&#xe9; est toujours l’unit&#xe9; de soi autour du geste: si la personne regarde son corps comme un autre soi, le geste devient &#xe9;tranger et objet d’&#xe9;tude. L’utilit&#xe9; et l’efficacit&#xe9; de l’action sont alors interrog&#xe9;es, la rationalit&#xe9; de l’automatisme &#xe9;valu&#xe9;e, et une comptabilit&#xe9; du temps perdu syst&#xe9;matiquement ouverte.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Entre les automatismes du corps et la rationalit&#xe9; du cerveau, existent les sensations. Celle de p&#xe9;nibilit&#xe9;, nous l’avons vu, mais aussi celle de plaisir. Le lien entre les deux serait de dire que plus une activit&#xe9; a demand&#xe9; d’effort, plus elle procure de la satisfaction une fois termin&#xe9;e. Lors du repassage par exemple, il y a double plaisir: &#xe0; l’instant ou le repassage est termin&#xe9;e mais aussi l&#xe9;g&#xe8;rement avant en se repr&#xe9;sentant la sc&#xe8;ne lib&#xe9;ratoire. Plaisir plus tard encore, lorsque la personne ouvrira son armoire en voyant les piles d’habits bien align&#xe9;es: leur seule vue rappelle l’effort, la fiert&#xe9; d’&#xea;tre parvenue &#xe0; dominer le corps pour une action, ou de prouver que l’on est capable de ma&#xee;triser une organisation complexe. Bref, c’est une victoire. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Une autre sensation importante dans le d&#xe9;clenchement de l’action est l’agacement. Quand une activit&#xe9; est mal v&#xe9;cue au moment o&#xf9; elle est fa&#xee;te, la m&#xe9;moire enregistre cette association et la personne sait que l’attend un moment difficile. Deux phases constituent cet agacement: avant l’action par bribes de pens&#xe9;es, et pendant l’action. Il devient m&#xea;me difficile &#xe0; dire si c’est la repr&#xe9;sentation de la p&#xe9;nibilit&#xe9; de l’action ou l’action en elle-m&#xea;me qui est d&#xe9;sagr&#xe9;able. Agac&#xe9; donc, &#xe0; cause du travail qui reste &#xe0; faire, de la p&#xe9;nibilit&#xe9; &#xe0; venir, mais aussi contre soi-m&#xea;me &#xe0; cause du manque de volont&#xe9; et d’organisation et de l’incapacit&#xe9; a dominer l’activit&#xe9; m&#xe9;nag&#xe8;re.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&#xca;tre agac&#xe9; par soi-m&#xea;me pr&#xe9;suppose qu’il y ait distance de soi &#xe0; soi: le soi en chair et en os confront&#xe9; &#xe0; la p&#xe9;nibilit&#xe9; des gestes refuse d’ob&#xe9;ir au soi pensant confront&#xe9; lui-m&#xea;me au fait que le soi corps refuse d’ob&#xe9;ir au soi pensant. Le soi pensant &#xe9;tant r&#xe9;git par la norme de propret&#xe9; et le soi corps r&#xe9;git par la norme de l’instant. La prise de d&#xe9;cision d&#xe9;pendra alors de la distance entre les deux sensations et entre les deux normes de r&#xe9;f&#xe9;rence. Pour se motiver &#xe0; agir, de multiples tactiques se mettent alors en place, gr&#xe2;ce aux sentiments notamment qui permettront un r&#xe9;&#xe9;quilibre int&#xe9;rieur.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 12 Feb 2006 20:14:00 GMT</pubDate></item><item><title>Comme deux fr&#xe8;res</title><dc:creator>Benjamin Wolff</dc:creator><link>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2006/01/27/1276978.html</link><category>Actualit&#xe9; et m&#xe9;dias</category><comments>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2006/01/27/1276978.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://wbenjamin.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/1276978/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2006/01/27/1276978.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Un petit coup de cœur pour le nouveau livre &lt;u&gt;Comme deux fr&#xe8;res&lt;/u&gt;, sign&#xe9; Kahn. Jean-Fran&#xe7;ois Kahn dirige la revue Marianne (seul journal avec &#xab; le point &#xbb; dont les ventes progressent) et Axel Kahn est g&#xe9;n&#xe9;ticien de renom.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Comme l’indique le sous-titre, ils croisent leurs visions du monde sous la forme originale d’un dialogue. Ils abordent des sujets tels que mai 68, De Gaulle, le communisme ou plus philosophiques comme la libert&#xe9;, le progr&#xe8;s, la v&#xe9;rit&#xe9;…et &#xe9;voquent l’influence culturelle de leur p&#xe8;re, philosophe. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Ils consacrent &#xe9;galement tout un chapitre &#xe0; leur agnosticisme exacerb&#xe9;, et se d&#xe9;clarent &#xe0; l’ext&#xe9;rieur du d&#xe9;bat th&#xe9;ologique; &#xe0; croire qu’ils avaient besoin de se justifier aupr&#xe8;s de quelqu’un…En ce sens, et si vous me le permettez, que je ne suis pas d’accord sur certains points avec Jean-Fran&#xe7;ois Kahn. Je rejoindrai plut&#xf4;t &#xe0; ce niveau, la th&#xe8;se de R&#xe9;gis Debray &#xe0; savoir que la croyance constitue plut&#xf4;t la vitamine du pauvre et permet de donner du sens aux hommes. Malheureusement, elle est parfois aussi l’opium du peuple mais dans une certaine mesure seulement.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Un d&#xe9;bat donc entre deux humanistes en qu&#xea;te de sens, tr&#xe8;s plaisant, parfois dr&#xf4;le et in&#xe9;dit, et assur&#xe9;ment bon sur l’analyse politique. On y retrouve bien la verdeur du discours de J.-F.K.:&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&#xab; Notre soci&#xe9;t&#xe9; m&#xe8;ne deux activit&#xe9;s contradictoires de front: d’un cot&#xe9;, elle commercialise de mani&#xe8;re quasiment forc&#xe9;e des aliments surdos&#xe9;s en sucre et de l’autre elle consacre dix fois plus d’argent &#xe0; la recherche m&#xe9;dicale sur l’ob&#xe9;sit&#xe9; qu’&#xe0; lutter contre la famine de deux milliards de personnes ! &#xbb;. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Efficace et utile.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 27 Jan 2006 00:54:00 GMT</pubDate></item><item><title>La r&#xe9;alit&#xe9; chinoise</title><dc:creator>Benjamin Wolff</dc:creator><link>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/12/28/1159619.html</link><category>Actualit&#xe9; et m&#xe9;dias</category><comments>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/12/28/1159619.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://wbenjamin.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/1159619/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/12/28/1159619.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;C’est Philippe Cohen et Luc Richard qui viennent d’enqu&#xea;ter sur le lib&#xe9;ral-communisme en Chine. Ils viennent d&apos;&#xe9;crire: &lt;u&gt;La Chine sera-t-elle notre cauchemar ?&lt;/u&gt; Le premier est journaliste &#xe9;conomique &#xe0; &#xab; Marianne &#xbb;, le second vit en Chine depuis 2002 et parle le mandarin. Ils partent du constat que les m&#xe9;dias occidentaux fabriquent une image erron&#xe9;e de la Chine. En Effet, les chiffres masquent la r&#xe9;alit&#xe9; et transforme le pays en un fantasme de puissance: entre fascination et menace. Les 9 % de croissance &#xe9;conomique annuel depuis 20 ans nous poussent &#xe0; parler de miracle chinois. Ces deux journalistes tentent de donner une version originale de la Chine, au-del&#xe0; du fantasme des statistiques. Et surtout, expliquent les causes de l’explosion &#xe9;conomique gr&#xe2;ce notamment aux t&#xe9;moignage requis sur place.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Quand les journalistes se d&#xe9;placent en Chine, ce n’est pas pour observer et analyser les conditions de vie de la population, mais pour montrer qu’un immense pays est en train de se connecter au march&#xe9; mondial. En filmant les buildings &#xe0; Shanghai, les grues de P&#xe9;kin et les chinois aimant les DVD et la pop musique, le Medef s’&#xe9;merveille de voir tout un monde &#xe9;merger qui, &#xe0; les entendre, ressemble de plus en plus au n&#xf4;tre. Mais le livre nous rappelle que si la Chine est devenue l’atelier du monde, c’est d’abord gr&#xe2;ce au travail de centaines de millions de prol&#xe9;taires pay&#xe9;s dix &#xe0; trente fois moins cher que leurs coll&#xe8;gues europ&#xe9;ens ou am&#xe9;ricains. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Et depuis vingt ans, c‘est vraiment la paup&#xe9;risation de la soci&#xe9;t&#xe9; qui est la condition du miracle chinois. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;La concurrence est impitoyable entre les ch&#xf4;meurs et ils sont pr&#xea;t &#xe0; accepter n’importe quel salaire. Tout particuli&#xe8;rement les xiagang (salari&#xe9;s licenci&#xe9;s des usines d’&#xe9;tat dans les ann&#xe9;es 90) sont victimes de la lib&#xe9;ralisation du pays. A l’&#xe9;poque de Mao Zedong, &#xab; on mangeait &#xe0; notre faim, on avait un travail et un logement &#xbb; raconte l’un deux. Depuis, il y a eu un bouleversement des valeurs sociales; d&#xe9;sormais il faut &#xab; se jeter &#xe0; la mer &#xbb; c’est-&#xe0;-dire tout risquer pour entreprendre. Peu importe si, pour y parvenir, il faut pi&#xe9;tiner le visage de son voisin: c’est chacun pour soi et tous contre tous. On pourrait croire que la croissance &#xe9;conomique permet une am&#xe9;lioration des conditions de vie et des salaires des ouvriers. Mais, c’est exactement le contraire qui se passe. La corruption des cadres et l’exploitation des ouvriers est &#xe0; son comble. L’ins&#xe9;curit&#xe9; aussi, dans les mines, est une r&#xe9;alit&#xe9;: les experts estiment le nombre de mineurs morts au travail &#xe0; 20 000 par an, ce qui repr&#xe9;sente 80 % des victimes d’accidents miniers dans le monde. C’est surtout le statut social des ouvriers qui a consid&#xe9;rablement chang&#xe9;. A l’&#xe9;poque de mao, ils avaient le droit &#xe0; un peu de dignit&#xe9;. Aujourd’hui, ils sont priv&#xe9;s de tous respect.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;En g&#xe9;n&#xe9;ral, quand on parle de la Chine, on oublie la Chine rurale: celle qui souffre. M&#xea;me si les in&#xe9;galit&#xe9;s existent &#xe0; l’int&#xe9;rieur des villes et des campagnes, la plus flagrante se situe entre les citadins et les ruraux. On oublie donc deux chinois sur trois puisque sur 1,3 milliards d’habitants, la Chine compte 900 millions de ruraux. On peut excuser les m&#xe9;dias occidentaux dans une certaine mesure puisque le gouvernement chinois emp&#xea;che lui-m&#xea;me que l’on s’y int&#xe9;resse: il est interdit aux m&#xe9;dias &#xe9;trangers de se rendre dans les campagnes, sauf dans quelques villages mod&#xe8;les. La sp&#xe9;cificit&#xe9; du livre est l’abondance de t&#xe9;moignages chinois et le contact avec la r&#xe9;alit&#xe9; rurale:&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&#xab;Il faut avoir arpent&#xe9; ces plaines du nord surpeupl&#xe9;es aux paysages sales et monotones, crois&#xe9; ces paysannes qui lavent leur linge au baquet et portent l’eau tir&#xe9;e du puits &#xe0; l’aide d’une palanche comme depuis des mill&#xe9;naires. Il faut avoir vu de ses propres yeux ces petits ruisseaux entre deux haies, o&#xf9; l’eau noire des toxines d&#xe9;vers&#xe9;es par les usines environnantes, et avoir crois&#xe9; le regard de cette gamine de dix an qui se l&#xe8;ve en pleine nuit pour aller &#xe9;tudier au fond de la vall&#xe9;e, &#xe0; plus d’une heure de marche. &#xbb; La Chine est en plein miracle, sonnent les m&#xe9;dias fran&#xe7;ais, sauf qu’en 2004 et pour la premi&#xe8;re fois depuis vingt-cinq ans, le nombre de chinois en situation de pauvret&#xe9; absolue a augment&#xe9;. Ce ne sont pas forc&#xe9;ment des ch&#xf4;meurs mais des working poor comme on dit. Des travailleurs pauvres, et exploit&#xe9;s.&amp;nbsp; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;La Chine atteint des &#xe9;carts de richesse parmi les plus &#xe9;lev&#xe9;s du monde: le revenu urbain repr&#xe9;sente six fois le revenu rural. 10 % des ruraux vivent avec moins de 625 yuan (62 euros) par an. 10 % de la population vit avec 45 % des richesses du pays. Ces derniers peuvent se permettre de se d&#xe9;lasser sur les greens des golfs &#xe0; 30 000 dollars le droit d’entr&#xe9;e &#xe0; p&#xe9;kin !&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Par ailleurs, l’&#xe9;ducation et la sant&#xe9; deviennent de plus en plus difficile d’acc&#xe8;s pour le chinois de base. La scolarisation est obligatoire pour ceux qui peuvent la payer ! En effet, la privatisation des &#xe9;coles supprime tout espoir d’&#xe9;chapper &#xe0; la mis&#xe8;re rurale. Seule l’&#xe9;lite urbaine a acc&#xe8;s aux meilleures &#xe9;coles, ce qui est suffisant pour former l’encadrement politique et &#xe9;conomique n&#xe9;cessaire &#xe0; l’&#xe9;tat et les techniciens employ&#xe9;s par les multinationales qui investissent en Chine.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Quant &#xe0; la sant&#xe9;, le prix des soins est tr&#xe8;s &#xe9;lev&#xe9;. Il n’est pas rare de croiser des fermiers en train de mourir lentement chez eux parce qu’ils n’ont pas les moyens de s’offrir une hospitalisation , ni m&#xea;me des m&#xe9;dicaments.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;La pollution, enfin, rend de plus en plus les terres impropres &#xe0; la culture. Les villes chinoises sont en effet d&#xe9;j&#xe0; tellement pollu&#xe9;es que les autorit&#xe9;s urbaines n’h&#xe9;sitent plus &#xe0; transf&#xe9;rer des usines dans les campagnes pauvres. Comme c’est actuellement le cas avec la gigantesque aci&#xe9;rie de la banlieue de P&#xe9;kin, en cours de transfert &#xe0; la campagne pour cause de Jeux olympiques en 2008. La chine est en passe de devenir le premier pollueur du monde.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;La derni&#xe8;re chance qui reste aux enfants de paysans, c’est de se faire mingong (travailleurs migrants, venus des campagnes). Celui-ci n’a aucun droit. Il est pay&#xe9; &#xe0; la journ&#xe9;e, pour ses 14 heures de travail parfois. Beaucoup de fonctions lui sont inaccessibles. Ceux qui sont r&#xe9;serv&#xe9;s aux mingong sont les plus fatigantes, dangereuses et mal pay&#xe9;es. De plus, embaucher des mingong est avantageux car la l&#xe9;gislation du travail ne s’applique qu’aux locaux. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;On pourrait encore longtemps d&#xe9;crire la r&#xe9;alit&#xe9; chinoise. Ici, la vie est tr&#xe8;s &#xe9;loign&#xe9;e des belles th&#xe9;ories lib&#xe9;rales sur l’offre et la demande. On l’a bien compris, les co&#xfb;ts de productions imbattables sont l’atout de l’int&#xe9;gration de la Chine sur le march&#xe9; mondial. Ainsi ils peuvent produire pour 4 yuan (0.4 euros) un lot de douze soutiens gorge ! Le co&#xfb;t horaire de la main d’œuvre horaire en France est de 17 dollars contre 0.6 en Chine! On peut en d&#xe9;duire que la croissance chinoise s’appuie sur l’augmentation des capacit&#xe9;s de production aliment&#xe9;s par une main d’œuvre pl&#xe9;thorique et surexploit&#xe9;e, et non sur la hausse du niveau d’&#xe9;ducation de cette main-d’œuvre.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;La loi existe mais elle n’est pas appliqu&#xe9;e, par d&#xe9;faillance des autorit&#xe9;s locales et par des l&#xe9;gislations souvent mal adapt&#xe9;es. Mais les lois sociales n’ont pas &#xe9;t&#xe9; con&#xe7;ues pour &#xea;tre appliqu&#xe9;es pour une raison &#xe9;vidente: si les entrepreneurs chinois se mettaient &#xe0; appliquer la l&#xe9;gislation sociale, la Chine perdrait aussit&#xf4;t son principal avantage comp&#xe9;titif. Le parti chinois est cependant tr&#xe8;s pr&#xe9;sent dans la vie &#xe9;conomique des entreprises et pour fixer les prix. La suppression de nombreux emplois partout dans le monde est la cons&#xe9;quence logique de cette concurrence d&#xe9;loyale.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Tel est le cauchemar chinois: l’alliance efficace entre le communisme totalitaire et le capitalisme mondialis&#xe9;. Mais pas un seul responsable politique occidental semble s’y pr&#xe9;occuper.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 28 Dec 2005 22:31:00 GMT</pubDate></item><item><title>Ce que cuisiner veut dire</title><dc:creator>Benjamin Wolff</dc:creator><link>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/12/23/1141750.html</link><category>Sociologie</category><comments>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/12/23/1141750.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://wbenjamin.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/1141750/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/12/23/1141750.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;u&gt;Casseroles, amour et crises &lt;/u&gt;est l’ouvrage r&#xe9;cemment publi&#xe9; par le sociologue Jean-Claude Kaufman. Il y explique comment les repas construisent la famille. On se reconna&#xee;t tous aux nombreux t&#xe9;moignages du livre, tout en voulant parfois compl&#xe9;ter par nos exp&#xe9;riences personnelles. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#xe8;re remarque d’ordre g&#xe9;n&#xe9;rale est celle de l’autonomisation des pratiques culinaires. Autrefois, la famille &#xe9;tait r&#xe9;guli&#xe8;rement r&#xe9;unie autour de la table pour ses repas. Aujourd’hui, un appareil a compl&#xe8;tement chang&#xe9; la donne: le frigo. Il se positionne d&#xe9;sormais au centre de l’organisation alimentaire domestique. Selon ses envies et son rythme, le mangeur individuel ouvre la porte du r&#xe9;frig&#xe9;rateur et se sert directement. Des mangeurs donc, de plus en plus autonomes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La volont&#xe9; de &#xab; faire famille &#xbb; par la table est celle de cr&#xe9;er une conversation familiale. Les m&#xe9;dias v&#xe9;hiculent l’id&#xe9;e que &#xe0; table chacun s’&#xe9;coute et se confie aux autres en pleine libert&#xe9;. C’est en fait qu’un id&#xe9;al qui, lorsqu’il est pris pour la r&#xe9;alit&#xe9; universelle rend encore plus malheureux de ne pouvoir personnellement l’atteindre. La conversation familiale est difficile car elle regroupe des individus de plus en plus autonomes. C’est pourquoi le bavardage familial est abondant. Mais il permet de construire un univers commun, un point de vue qui unifie le groupe. L’enqu&#xea;te sociologique a montr&#xe9; que la nourriture en elle-m&#xea;me est un sujet de conversation majeur (commentaire sur les plats, sur les sensations de chacun,…). Les petites histoires alimentent la grande histoire de nous m&#xea;me, valid&#xe9;e lors du repas par le groupe familial, qui l’inscrit dans sa propre histoire collective. La parole des enfants est aussi un probl&#xe8;me, notamment pour les parents: suite a leurs questions, les parents sont souvent d&#xe9;&#xe7;u de la bri&#xe8;vet&#xe9; des r&#xe9;ponses, amen&#xe9;s alors &#xe0; grappiller des informations. Les parents doivent ici ma&#xee;triser particuli&#xe8;rement bien l’art oratoire et savoir doser habilement les questions. La construction de la famille par les repas est un objectif de communication: se parler comme preuve que l’on est bien une famille vivante. Dans le fait de manger, il y a aussi l’id&#xe9;e de partager quelque chose d’essentiel ensemble. M&#xea;me sans le dire, chacun ressent le plaisir des autres et de la faim assouvie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lien entre famille et repas est donc &#xe9;troit. Ainsi, c’est bien connu, les repas sont des cristallisateurs et des marqueurs des moments d’intensit&#xe9; pour les r&#xe9;unions de grande famille. Il suffit de feuilleter les albums photos pour constater que la majorit&#xe9; des &#xe9;v&#xe9;nements ont &#xe9;t&#xe9; immortalis&#xe9;s par des clich&#xe9;s de repas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La table, la conversation qu’elle instaure, et les mani&#xe8;res associ&#xe9;es (le fait de reprendre sa place au repas suivant par exemple est un acte assez manifeste de l’incorporation &#xe0; la vie, aux coutumes du groupe familial) fabriquent concr&#xe8;tement le lien familial. Mais la table a en r&#xe9;alit&#xe9; beaucoup de mal &#xe0; faire famille &#xe0; elle seule. Ce qui est dans l’assiette n’est pas n&#xe9;gligeable, ainsi que la mani&#xe8;re dont la nourriture a &#xe9;t&#xe9; produite. Un repas qui donne envie pousse &#xe0; l’engagement, le mangeur est davantage &#xab; dans son assiette &#xbb;, au sens propre et figur&#xe9;. C’est ici qu’il devient int&#xe9;ressant d’analyser le comportement du chef (la cuisini&#xe8;re). Celui-ci doit continuellement choisir des types d’aliments, une mani&#xe8;re rapide ou plus &#xe9;labor&#xe9;e de les pr&#xe9;parer, un style de repas, etc. qui auront des cons&#xe9;quences sur la forme future de la famille. Sans m&#xea;me s’en rendre compte tr&#xe8;s souvent; il ne cesse de prendre des d&#xe9;cisions dont la port&#xe9;e est plus importante qu’il ne l’imagine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de se mettre dans la peau du responsable des fourneaux, il convient de distinguer deux mondes de la cuisine: la cuisine de tous les jours que l’on s’efforce d’exp&#xe9;dier, et la cusine-passion. Mais cette opposition existe plus dans la t&#xea;te des personnes interrog&#xe9;es que dans la r&#xe9;alit&#xe9;. Dans ces deux cas toutefois, c’est l’individu-sujet qui est au centre. L’individu autonome et &#xe9;mancip&#xe9; dans la cuisine rapide; le cr&#xe9;ateur de mouvement donnant sens &#xe0; sa vie dans la cuisine-passion. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les motivations de cette cuisine-passion sont multiples: l’envie, le d&#xe9;sir de cr&#xe9;ativit&#xe9;, l’attente d’un plaisir gustatif personnel, le don d’amour pour la famille. L’intensification du lien familial par la cuisine passionnelle vient donc d’un sentiment ressenti individuellement. L’individu se regroupe dans une vision de don de soi amoureux producteur de lien familial. Il lui faut pour cela rencontrer une attente car il n’est gu&#xe8;re facile d’aimer sans retour. Il s’agit aussi d’inventer (gr&#xe2;ce au livre de cuisine) de nouveaux plats pour re-inventer une famille vivante et intense, contre la routine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#xe9; la cuisine-passion produite par la cuisini&#xe8;re, celle-ci &#xe9;prouve des p&#xe9;nibilit&#xe9;s. Pour trouver l’id&#xe9;e de repas par exemple. Car &#xe0; ce moment particulier, se r&#xe9;v&#xe8;le l’immensit&#xe9; et la diversit&#xe9; des choix possibles. Le chef doit conna&#xee;tre ce qui lui reste en stock, &#xea;tre attentif aux go&#xfb;ts de chacun, privil&#xe9;gier une gamme de crit&#xe8;re (di&#xe9;t&#xe9;tique, gustatifs, relationnels), imaginer des architectures de repas possibles, inscrire les variations dans la longue dur&#xe9;e (donc se souvenir des choix pr&#xe9;c&#xe9;dents),etc. L’id&#xe9;e est d’ailleurs susceptible de d&#xe9;clencher des remarques tr&#xe8;s critique, c’est pourquoi la cuisini&#xe8;re s’investit dans chacune des possibilit&#xe9;s en imaginant les r&#xe9;actions de chacun. Enfin, l’ind&#xe9;cision majeure concerne le degr&#xe9; d’engagement du chef (cuisine rapide ou passion ?) et la forme du lien social &#xe0; fabriquer (individualis&#xe9; ou collectivis&#xe9; , routinis&#xe9; ou inventif ?). Le chef se sent tr&#xe8;s seul quand aucune id&#xe9;e ne lui vient, solitude qui aggrave encore la p&#xe9;nibilit&#xe9; mentale. Une br&#xe8;ve phrase lui &#xe9;chappe alors: &#xab; Qu’est-ce que je dois faire &#xe0; manger ? &#xbb;. Phrase lanc&#xe9;e dans l’espoir que la famille puisse comprendre l’intensit&#xe9; et la complexit&#xe9; du travail accompli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou bien encore:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#xab; -Qu’est-ce que tu veux manger, demande-elle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-Ce que tu veux, fait ce qui t’arranges…(&#xe9;nervement dans ce cas !) &#xbb;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, elle lui demande comment puis-je satisfaire tes d&#xe9;sirs ? Le d&#xe9;sengagement et l&apos;indiff&#xe9;rence du partenaire portent l’agacement &#xe0; son comble car celui-ci est convaincu de sa bonne foi: il ne veut pas imposer ses go&#xfb;ts ni commander au chef, il saura humblement se satisfaire de ce qu’il y aura au repas. Le chef a appel&#xe9; au secours parce qu’il se sentait seul, d&#xe9;sempar&#xe9;. Il ne s’agissait pas seulement de fatigue mentale, ni d’un probl&#xe8;me strictement personnel. La cuisine fabrique la famille par les repas; le chef ne peut s’engager dans le don de soi amoureux qu’en r&#xe9;pondant aux d&#xe9;sirs. Or il faut pour cela que ces derniers s’expriment. Par sa question, tr&#xe8;s souvent le chef demande en fait que s’expriment des d&#xe9;sirs, susceptibles d’exciter la dynamique culinaire et familiale. Cuisiner n&#xe9;cessite donc une v&#xe9;ritable intelligence programmatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cuisine a cet autre avantage que les utilisateurs remarquent le travail fourni et appr&#xe9;cient &#xe9;ventuellement l’art du chef. En ce sens aussi, le chef fa&#xe7;onne l’avenir des siens par le malaxage, sa famille est dans ses mains. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cuisine-passion est aussi un langage par d&#xe9;faut: quand il y a engagement passionnel du chef, elle constitue en particulier un langage amoureux &#xe9;vident. Le chef communique par l’excitation des d&#xe9;sirs et l’&#xe9;change de plaisir. Cr&#xe9;er du plaisir par son propre plaisir aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les compliments, ils sont davantage attendus quand le chef vient de se d&#xe9;passer plus que d’ordinaire. Il attend une r&#xe9;action signalant que les convives ont not&#xe9; son effort. Le chef qui s’est engag&#xe9; fortement dans la logique de don de soi esp&#xe8;re &#xea;tre reconnu comme celui qui donne plus que l’autre. En g&#xe9;n&#xe9;ral, les &#xe9;loges doivent rester mesur&#xe9;s. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il reste &#xe0; parler d’une chose importante dans la vie du chef: les courses. Cette t&#xe2;che est d’une complexit&#xe9; inou&#xef;: il doit arbitrer entre des options alimentaires, gustatives, sanitaires, &#xe9;conomiques, imaginer une architecture future des liens sociaux, moduler son propre engagement culinaire,etc. Saisir les promotions est aussi un enjeu de taille. Mais leur succ&#xe8;s est souvent donn&#xe9; comme l’exemple de l’affirmation d’un consommateur calculateur illustrant la rationalit&#xe9; de l’individu. Or m&#xea;me si cette dimension est bien r&#xe9;elle, c’est aussi exactement du contraire qu’il s’agit. L’&#xe9;conomie affich&#xe9;e est utilis&#xe9;e comme un merveilleux pr&#xe9;texte pour ne pas se poser de questions, loin donc de la rationalit&#xe9; r&#xe9;flexive. Leur s&#xe9;duction est automatique, et leur fonction est donc de r&#xe9;duire la complexit&#xe9; et la p&#xe9;nibilit&#xe9; du choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire la cuisine est un v&#xe9;ritable travail intellectuel. Des &#xe9;l&#xe9;ments divers peuvent concourir &#xe0; pousser le chef &#xe0; l’action. Le souffle de la cr&#xe9;ativit&#xe9; ( le chef est un artiste), le d&#xe9;sir de gloire (le chef joue &#xe0; la star), le besoin de se relaxer (le chef joue avec ses mains). Le chef a faim de famille, car ne plus avoir rien &#xe0; se dire n’est pas le pire qui puisse arriver; c’est de ne plus rien ressentir ensemble. La nourriture est alors une arme d&#xe9;cisive pour fabriquer la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 23 Dec 2005 12:06:00 GMT</pubDate></item><item><title>Remise en question (impertinente) du t&#xe9;l&#xe9;thon</title><dc:creator>Benjamin Wolff</dc:creator><link>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/12/03/1066593.html</link><category>Actualit&#xe9; et m&#xe9;dias</category><comments>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/12/03/1066593.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://wbenjamin.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/1066593/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/12/03/1066593.html</guid><description>&lt;p&gt;Mis&#xe9;rable humain que je suis, poursuivit par l&apos;avarice, la cupidit&#xe9; et la parcimonie. S&#xfb;rement &#xe9;go&#xef;ste et anti-g&#xe9;n&#xe9;reux aussi. C&apos;est au sujet du marathon t&#xe9;l&#xe9;visuel (t&#xe9;l&#xe9;thon) que je viens rapporter la pol&#xe9;mique. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, c&apos;est lors d&apos;une &#xe9;mission &lt;a href=&quot;http://www.france5.fr/asi/&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#0000cc&quot;&gt;d&apos;arr&#xea;t sur image sur France 5&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; que Elisa Rojas a bouscul&#xe9; la bien pensante id&#xe9;e selon laquelle le t&#xe9;l&#xe9;thon ne se discute pas. Jeune handicap&#xe9;e et &#xe9;tudiante en droit, elle dit: &lt;font size=&quot;4&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&#xab; je suis bien comme je suis, fauteuil roulant compris. A vrai dire, ce qui me fait le plus souffrir dans mon existence n’est pas directement li&#xe9; &#xe0; ma maladie, mais au ramassis d’hypocrisie et de compassion que relaie all&#xe8;grement cette &#xe9;mission. D’ailleurs, contrairement &#xe0; ce que les journalistes pr&#xe9;tendent, je ne suis pas &#xab; clou&#xe9;e &#xbb; tel le Christ sanguinolent sur la croix mais tout simplement assise dessus &#xbb;.&lt;/font&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Son propos est clair: les m&#xe9;dias refusent le fait qu’on puisse vivre handicap&#xe9; et heureux. Pour r&#xe9;colter de l&apos;argent, le t&#xe9;l&#xe9;thon transmet continuellement une image de victime des handicap&#xe9;s; le handicap d&#xe9;truit la vie et la seule solution c&apos;est de donner, de gu&#xe9;rir, de changer les personnes pour qu&apos;elles deviennent valides. En ce sens la soci&#xe9;t&#xe9; se construit des stigmates: d&apos;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;un cot&#xe9; la victime qui &#xab; mendie &#xbb; et de l’autre le h&#xe9;ros qui a &#xab; transcend&#xe9; &#xbb; son handicap. Dans un cas comme dans l’autre il y a un foss&#xe9; entre le valide et l&apos; handicap&#xe9;. Soit il a des qualit&#xe9;s extraordinaires qui le valorisent (jeux para-olympique) ou soit il est dans une situation mis&#xe9;rable et la seule chose &#xe0; faire c’est de donner de l’argent. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Non seulement le t&#xe9;l&#xe9;thon construit une image fauss&#xe9;e de la personne handicap&#xe9;e, mais en plus il &amp;quot;permet de racheter &#xe0; coups de dons la mauvaise conscience collective, plut&#xf4;t que d&apos;entamer une v&#xe9;ritable r&#xe9;flexion sur le sujet. Il ne fait qu’illustrer le d&#xe9;sengagement des pouvoirs publics et le retard honteux de la France &#xe0; l’&#xe9;gard de ses malades et de ses handicap&#xe9;s&amp;quot;, raconte Elisa Rojas. D&apos;autres, &lt;a href=&quot;http://monsite.wanadoo.fr/lachambrebleue/page3.html&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#0000ff&quot;&gt;comme ici un p&#xe8;re d&apos;une enfant handicap&#xe9;e&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;, pensent que l&apos;&#xe9;tat devrait s&apos;occuper naturellement des personnes handicap&#xe9;es sans passer par la compassion et la g&#xe9;n&#xe9;rosit&#xe9; de chacun. Attac, aussi, parle d&apos;un d&#xe9;sengagement de l&apos;&#xe9;tat.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;L&apos;handicap&#xe9; est sorti hors du commun, il est sp&#xe9;cial. C&apos;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;est un formidable attracteur de regards et de commentaires, un op&#xe9;rateur de discours et d’&#xe9;motions. On le remarque parce qu&apos;on ne s&apos;identifie pas &#xe0; son corps, on ne s&apos;y retrouve pas. &lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;Bien s&#xfb;r, &#xe9;tant valide, je ne peux que mod&#xe9;rer le propos en &#xe9;voquant l&apos;ind&#xe9;niable sinc&#xe9;rit&#xe9; des participants du marathon, et l&apos;utilit&#xe9; des dons r&#xe9;unis. Mais il s&apos;agit plut&#xf4;t d&apos;une r&#xe9;flexion (rapport&#xe9;e) sur la construction de l&apos;image de nos handicap&#xe9;s.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 03 Dec 2005 11:50:00 GMT</pubDate></item><item><title>Le rituel de la Toussaint</title><dc:creator>Benjamin Wolff</dc:creator><link>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/11/01/951519.html</link><category>Actualit&#xe9; et m&#xe9;dias</category><comments>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/11/01/951519.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://wbenjamin.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/951519/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/11/01/951519.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Toussaint, f&#xea;te des morts ? Certainement pas. La Toussaint, f&#xea;te chr&#xe9;tienne ? &#xc9;videmment que non. La Toussaint est une f&#xea;te catholique, en ce sens qu’elle n’a aucun lien avec les textes bibliques. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#xe0; ce qu’on croit, la Toussaint c’est la f&#xea;te des Saints et non celle des morts. La f&#xea;te des morts ou plut&#xf4;t la comm&#xe9;moration des morts a lieu le 2 novembre, mais comme le premier novembre est un jour f&#xe9;ri&#xe9;, les fran&#xe7;ais ont pris l’habitude de se rendre au cimeti&#xe8;re ce jour-l&#xe0;. La Toussaint est donc la f&#xea;te de la vie &#xe9;ternelle: elle a pour but de rappeler (aux pratiquants !!) que la fin de notre existence terrestre, la vie, n’est pas d&#xe9;truite mais transform&#xe9;e. Cette f&#xea;te des Saints du premier novembre, institu&#xe9;e en France en 835, avait pour objectif de remplacer une c&#xe9;l&#xe9;bration pa&#xef;enne des &#xe2;mes des morts par une f&#xea;te &#xe0; caract&#xe8;re joyeux, d&#xe9;di&#xe9;e a tous les Saints du panth&#xe9;on catholique. Cette f&#xea;te des morts continua d’exister c’est pourquoi l’&#xe9;glise catholique se r&#xe9;signa &#xe0; reprendre &#xe0; son compte cette superstition populaire, en instituant en 1031, une comm&#xe9;moration des morts plac&#xe9;e donc le lendemain de la Toussaint. D’o&#xf9; une certaine confusion entre les deux f&#xea;tes, nombre de fran&#xe7;ais associant le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; novembre &#xe0; la comm&#xe9;moration des d&#xe9;funts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La f&#xea;te catholique t&#xe9;moigne donc de l’esp&#xe9;rance devant la mort. Selon eux &#xab; l’&#xe9;vocation des Saints du ciel leur apporte une lumi&#xe8;re pour la vie actuelle &#xbb;.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 01 Nov 2005 13:10:00 GMT</pubDate></item><item><title>La dimension cach&#xe9;e (2)</title><dc:creator>Benjamin Wolff</dc:creator><link>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/09/07/791349.html</link><category>Anthropologie </category><comments>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/09/07/791349.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://wbenjamin.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/791349/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/09/07/791349.html</guid><description>&lt;p&gt;Nous avons donc vu, dans le dernier post, que la culture fa&#xe7;onne l’homme et qu’elle le programme de fa&#xe7;on automatique. S’il n’en &#xe9;tait pas ainsi, l’homme ne pourrait ni parler, ni agir car ces activit&#xe9;s exigeraient trop de temps. Chaque fois que nous parlons en effet, nous n’&#xe9;non&#xe7;ons qu’une partie du message. Le reste est compl&#xe9;t&#xe9; par l’auditeur et une grande partie de ce qui n’est pas dit est admis implicitement. La teneur du message varie selon les cultures. L’anthropologue Edward T. Hall, toujours, prend l’exemple du cireur de chaussure: en Am&#xe9;rique, par exemple, il est inutile d’indiquer au cireur de chaussure la couleur du cirage &#xe0; utiliser. Mais au Japon, l’am&#xe9;ricain devra donner cette pr&#xe9;cision s’il ne veut pas retrouver noires ses chaussures jaunes. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons donc que le r&#xf4;le de l’anthropologue est de rendre explicites les &#xe9;l&#xe9;ments qui sont implicites pour nous: l’espace en fait partie. En effet, l’espace est organis&#xe9; diff&#xe9;remment, selon les pays. Pour permettre une comparaison, hall emploie des concepts sans se couper du r&#xe9;el. Il distingue trois aspects de l’espace: l’organisation fixe, semi fixe et informelle. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’espace &#xe0; organisation fixe constitue le cadre fondamental de l’activit&#xe9; des individus. Il comprend les aspects mat&#xe9;riels (b&#xe2;timents,…), en m&#xea;me temps que les structures cach&#xe9;es et int&#xe9;rioris&#xe9;es. L’organisation des villages, des petites et des grandes villes et de la campagne qui les entoure, n’est pas l’effet du hasard mais le fruit d’une de l’histoire d’une culture. Par exemple, l’int&#xe9;rieur de la maison occidentale a ses espaces &#xe0; organisation fixe c’est-&#xe0;-dire des pi&#xe8;ces particuli&#xe8;res qui correspondent &#xe0; des fonctions particuli&#xe8;res telles que pr&#xe9;parer la nourriture, manger, se reposer, se laver, etc. Notre disposition int&#xe9;rieure (occidentale) nous semble aller de soi alors qu’il s’agit en fait d’une acquisition r&#xe9;cente. Jusqu’au 18&lt;sup&gt;&#xe8;me&lt;/sup&gt; si&#xe8;cle, les pi&#xe8;ces n’avaient pas de fonctions fixes et les membres de la famille ne pouvaient pas s’isoler comme ils le font aujourd’hui. Les personnes &#xe9;trang&#xe8;res &#xe0; la maison allaient et venaient &#xe0; leur gr&#xe9; et les lits ou les tables &#xe9;taient install&#xe9;s ou enlev&#xe9;s selon l’humeur ou l’app&#xe9;tit des occupants. Au 18&lt;sup&gt;&#xe8;me&lt;/sup&gt; la structure de la maison changea: on distingua la chambre de la salle. Les pi&#xe8;ces furent dispos&#xe9;es de mani&#xe8;re &#xe0; ouvrir sur un couloir ou un hall comme des maisons sur une rue. Les &#xe9;l&#xe9;ments architecturaux ont alors permis de se prot&#xe9;ger, de dissimuler son &#xab; moi &#xbb;, et d’avoir un refuge ou on peut se laisser aller ou tout simplement &#xea;tre soi-m&#xea;me. Un autre exemple de syst&#xe8;mes diff&#xe9;rents au niveau de l’organisation fixe, entre les Japonais et les europ&#xe9;ens. Le syst&#xe8;me europ&#xe9;en met l’accent sur les lignes d’une ville qu’ils d&#xe9;signent par des noms; au Japon ce sont les croisements qui portent des noms et non les rues. Au lieu d’&#xea;tre ordonn&#xe9;es dans l’espace, les maisons y sont dans le temps et num&#xe9;rot&#xe9;es dans l’ordre de construction. Il est donc tr&#xe8;s difficile de s’orienter &#xe0; Tokyo et c’est pourquoi les forces d’occupation am&#xe9;ricaine donn&#xe8;rent des noms aux grandes rues et pos&#xe8;rent des plaques pour se retrouver. Les japonais attendirent la fin de l’occupation pour retirer les plaques, pris alors au pi&#xe8;ge de l’innovation culturelle &#xe9;trang&#xe8;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le territoire est le prolongement mat&#xe9;riel de l’homme et l’individu transporte avec soi des sch&#xe9;mas internes d’espace &#xe0; structure fixe, acquis au d&#xe9;but de la vie. Comme disent certaines personnes interrog&#xe9;es: &#xab; je peux supporter n’importe quoi pourvu que je dispose de pi&#xe8;ces spacieuses et de hauts plafonds. Voyez vous j’ai &#xe9;t&#xe9; &#xe9;lev&#xe9; &#xe0; Brooklyn dans une vieille demeure, et je n’ai jamais pu m’habituer &#xe0; rien d’autre. &#xbb; Il est donc dans le r&#xf4;le de l’architecte de d&#xe9;couvrir les sch&#xe9;mas internes individuels qui sous-entendent les besoins de leurs clients. Winston Churchill avait d’ailleurs compris que l’espace &#xe0; caract&#xe8;re fixe constitue le moule qui fa&#xe7;onne une grande partie du comportement humain, il disait: &#xab; Nous donnons des formes &#xe0; nos constructions, et, &#xe0; leur tour, elles nous forment. &#xbb; En ce sens les Japonais ont eu du mal &#xe0; int&#xe9;grer l’automobile dans une cultures o&#xf9; les lignes (routes et autoroutes) ont moins d’importance que leurs intersections. C’est pourquoi les embouteillages de Tokyo sont parmi les plus c&#xe9;l&#xe8;bres du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus rapidement, l’espace &#xe0; organisation semi fixe, fait partie de notre microculture. Par exemple, beaucoup de femmes savent qu’il est difficile de trouver les objets dont on a besoin dans la cuisine de quelqu’un d’autre. Inversement, il peut &#xea;tre &#xe9;nervant de voir un mat&#xe9;riel de cuisine rang&#xe9; par des aides bien intentionn&#xe9;es qui ignorent la place des chose. Pour la petite exp&#xe9;rience, laissez un &#xab; &#xe9;tranger &#xbb; vider votre lave-vaisselle, puis revenez apr&#xe8;s dans la cuisine. Vous constaterez imm&#xe9;diatement en ouvrant les placards qu’il s’agit d’un intrus qui a dispos&#xe9; votre mat&#xe9;riel. Parfois, l’intrus est tout simplement le mari ! Hall a conduit des exp&#xe9;riences qui montrent que la structuration des &#xe9;l&#xe9;ments &#xe0; caract&#xe8;res semi fixes peut avoir un retentissement consid&#xe9;rable sur le comportement: la disposition des chaises dans les salles d’attente, dans des gares, sur les terrasses de caf&#xe9;, la pr&#xe9;sence de petite table ou pas. Autant de facteurs semi structurels qui permettent de s’apercevoir du degr&#xe9; de contact entre les gens et du niveau de la conversation selon la disposition des objets. Notons enfin qu’un espace &#xe0; caract&#xe8;re fixe dans une certaine culture peut &#xea;tre semi fixe dans une autre, et vice versa. Au Japon, par exemple, les murs sont mobiles: on les ouvre ou les replie selon l’activit&#xe9;. En Chine, des &#xe9;l&#xe9;ments semi fixe chez nous sont fixes chez eux: un invit&#xe9; en Chine n’est pas cens&#xe9; d&#xe9;placer sa chaise, &#xe0; moins qu’il n’y soit convi&#xe9;. Le faire &#xe9;quivaudrait pour nous &#xe0; d&#xe9;placer un paravent ou une cloison !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l’espace qui appartient &#xe0; la cat&#xe9;gorie sans doute la plus importante pour l’individu puisqu’elle comprend les distances que nous observons dans nos contacts avec autrui et qui &#xe9;chappent &#xe0; la conscience: c’est l’espace informel. Edward T. Hall divise cet espace en quatre distances: intime, personnelle, sociale et publique (chacune comportant deux modes, proche et lointain). Notons ici que les sentiments r&#xe9;ciproques des interlocuteurs &#xe0; l’&#xe9;gard l’un de l’autre , au moment analys&#xe9;, constituent un facteur d&#xe9;cisif dans la d&#xe9;termination de leur distance. Ainsi, des individus tr&#xe8;s en col&#xe8;re ou tr&#xe8;s d&#xe9;sireux de convaincre leur interlocuteur se rapprocheront de celui-ci et augmenteront le son de la voix. De m&#xea;me toute femme saura imm&#xe9;diatement reconna&#xee;tre qu’un homme commence &#xe0; s’&#xe9;prendre d’elle, &#xe0; la fa&#xe7;on dont il se rapproche d’elle. Et si elle n’&#xe9;prouve pas les m&#xea;mes sentiments, elle le lui t&#xe9;moignera par son retrait. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l’acte sexuel ou de la lutte aux rapports professionnels, Hall d&#xe9;finit dans son livre le type de rapports et d’activit&#xe9;s propres &#xe0; chaque distance. Il serait fastidieux de les &#xe9;num&#xe9;rer maintenant mais sachez, pour votre gouverne, que lorsque vous serrez la main &#xe0; un ami ou &#xe0; un &#xe9;tranger, c’est pour d&#xe9;finir et installer une distance entre vous deux, &#xe0; ne pas d&#xe9;passer; c‘est pourquoi on voit parfois deux tr&#xe8;s bons et vieux amis se faire la bise, et cela pour montrer &#xe0; l’autre qu’il peut s’approcher de ma zone la plus intime. Chacun de nous poss&#xe8;de donc un certain nombre de &#xab; personnalit&#xe9;s situationnelles apprises &#xbb;, li&#xe9;es aux diff&#xe9;rents types de relations intime, personnel, social et public. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’aimerai terminer avec un exemple de loi culturelle qui nous montre que la m&#xe9;connaissance des autres, et donc de soi, peut conduire au malentendu. Une porte ferm&#xe9;e et une porte ouverte n’ont pas la m&#xea;me signification en Allemagne ou aux Etats-Unis. Dans leurs bureaux, les am&#xe9;ricains travaillent portes ouvertes et les allemands portes ferm&#xe9;es. En Allemagne, une porte ferm&#xe9;e d’un bureau ne signifie pas que celui qui est derri&#xe8;re souhaite la tranquillit&#xe9; ou fait quelque chose de secret mais plut&#xf4;t qu’une porte ouverte produit un effet d&#xe9;sordonn&#xe9; et peu s&#xe9;rieux. Alors que pour les am&#xe9;ricains, une porte ferm&#xe9;e est le signe qui veut dire &#xab; ne me d&#xe9;rangez pas &#xbb; ou &#xab; je suis en col&#xe8;re &#xbb;. Que ce soit chez lui ou au bureau, un am&#xe9;ricain est disponible du moment que sa porte est ouverte. Il n’est pas cens&#xe9; s’enfermer mais se tenir au contraire &#xe0; la disposition des autres. Ils ferment leurs portes seulement pour les conf&#xe9;rences ou les conversations priv&#xe9;es, pour un travail qui exige de la concentration, pour l’&#xe9;tude, le repos, la toilette et les activit&#xe9;s sexuelles. C’est pourquoi, notre anthropologue fut consult&#xe9; par une entreprise international ou les am&#xe9;ricains lui demand&#xe8;rent: &#xab; Comment peut-on obtenir des allemands qu’ils gardent leurs portes ouvertes? &#xbb;. En effet, dans les bureaux de cette firme, les portes ouvertes traumatisaient les allemands car c’&#xe9;tait le signe d’une atmosph&#xe8;re trop d&#xe9;tendue et les portes ferm&#xe9;es donnaient au contraire aux am&#xe9;ricains le sentiment d’une conspiration g&#xe9;n&#xe9;ral d’o&#xf9; ils &#xe9;taient exclus. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait multiplier les exemples et les exp&#xe9;riences interculturelles. Sachez seulement que l’homme ne peut &#xe9;chapper &#xe0; l’emprise de sa culture, qui s’attaque aux racines m&#xea;me du syst&#xe8;me nerveux et fa&#xe7;onne sa perception du monde. La connaissance de cette r&#xe9;alit&#xe9; cach&#xe9;e peut seulement nous aider &#xe0; combattre l’ethnocentrisme. Et &#xea;tre maintenant, un peu plus objectif. Enfin, je l’esp&#xe8;re. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 07 Sep 2005 15:45:00 GMT</pubDate></item><item><title>Petite introduction &#xe0; la dimension cach&#xe9;e</title><dc:creator>Benjamin Wolff</dc:creator><link>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/09/03/781554.html</link><category>Anthropologie </category><comments>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/09/03/781554.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://wbenjamin.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/781554/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/09/03/781554.html</guid><description>&lt;p&gt;Les cultures commencent, petit &#xe0; petit, &#xe0; se mettre en mouvement. Toujours dans l’objet d’approfondir la connaissance de soi, l’analyse du langage culturel est primordiale: d&#xe9;couvrir les messages que nous nous transmettons inconsciemment, prendre conscience de certaines r&#xe9;alit&#xe9;s qui se cachent en nous-m&#xea;me. Edward T. Hall fait aussi partie de ceux qui nous offrent la possibilit&#xe9; d‘avoir &#xab; cette conscience de soi &#xbb;. Cet anthropologue am&#xe9;ricain analyse la communication non verbale. Pour ce faire, il consacre notamment ses travaux &#xe0; la communication interculturelle car selon lui, se pencher sur une culture &#xe9;trang&#xe8;re est le meilleur moyen de comprendre notre culture c’est-&#xe0;-dire nos habitudes, nos acquis. Bref, c’est remettre en question tout ce qui peut nous sembler normal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;u&gt;la Dimension cach&#xe9;e&lt;/u&gt; (1966), Hall &#xe9;tudie d’abord les espacements chez les animaux. Ainsi, l’expression &#xab; &#xea;tre libre comme un oiseau &#xbb; exprime la conception que l’homme se fait de ses propres rapports avec la nature: les animaux seraient libres de circuler &#xe0; travers le monde alors que lui, est prisonnier de la soci&#xe9;t&#xe9;. Mais les travaux, sur ce que l’on peut appeler la territorialit&#xe9; des animaux (ou de l‘homme), montrent que l’inverse est plus pr&#xe8;s de la v&#xe9;rit&#xe9; &#xe0; savoir que les animaux sont souvent emprisonn&#xe9;s &#xe0; l’int&#xe9;rieur de leur propre territoire. En deux mots et sans &#xea;tre trop lourd, la territorialit&#xe9; est la conduite caract&#xe9;ristique adopt&#xe9;e par un organisme pour prendre possession d’un territoire et le d&#xe9;fendre contre les membres de sa propre esp&#xe8;ce. Gr&#xe2;ce &#xe0; elle, les animaux d’un m&#xea;me groupe conservent une distance qui leur permet de communiquer et de se signaler la pr&#xe9;sence de la nourriture ou de l’ennemi. La territorialit&#xe9; assure donc la coh&#xe9;sion du groupe. Chez l’homme, la territorialit&#xe9; est sa propri&#xe9;t&#xe9;, son sol et entrer dans le sol d’un autre est punis par la loi. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l’int&#xe9;rieur de ce territoire bien d&#xe9;limit&#xe9;, chaque animal est entour&#xe9; d’une s&#xe9;rie de &#xab; bulles &#xbb; qui correspondent aux diff&#xe9;rentes distances que l’animal tient avec les autres. Par exemple, on a d&#xe9;j&#xe0; tous remarqu&#xe9; qu’un animal sauvage ne laisse approcher aucun homme au-del&#xe0; d’une distance donn&#xe9;e: c’est la distance de fuite. Celle-ci est proportionnelle &#xe0; la taille de l’animal: plus l’animal est gros et plus la distance entre lui-m&#xea;me et son ennemi est grande. Une antilope s’enfuit lorsque l’intrus se trouve &#xe0; cinq cents m&#xe8;tres alors que la distance de fuite du l&#xe9;zard est de deux m&#xe8;tres. Pour domestiquer les animaux ou pour les placer dans un zoo, il a fallu que l’homme r&#xe9;duise cette r&#xe9;action de fuite. La seconde distance est la distance critique: c’est la zone juste avant celle ou l’animal s’enfuit, entre la distance de fuite et d’attaque. Prenons un exemple pour bien comprendre. Dans un zoo, le lion fuira devant un homme qui se dirige vers lui jusqu’&#xe0; ce qu’il rencontre un obstacle insurmontable. Si l’homme avance et p&#xe9;n&#xe8;tre dans la zone critique du lion, alors l’animal change de direction et commence &#xe0; marcher vers l’homme. Dans le num&#xe9;ro de cirque classique, le lion est d&#xe9;termin&#xe9; &#xe0; l’attaque et pr&#xea;t &#xe0; franchir l’obstacle, par exemple l’escalier qui le s&#xe9;pare de l’homme. Et bien pour que le lion reste sur l’escalier, le dompteur sort rapidement de la zone critique et le lion cesse alors sa poursuite. Le fouet, le pistolet,… ne servent en fait qu’&#xe0; impressionner le public. Cette distance critique est d’ailleurs si pr&#xe9;cise qu’on peut la mesurer au centim&#xe8;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En se rapprochant de plus en plus, on aper&#xe7;oit les distances sociales et personnelles qui existent qu’entre des animaux de la m&#xea;me esp&#xe8;ce. Les animaux qui vivent en soci&#xe9;t&#xe9; doivent rester en contact les uns avec les autres. La perte de ce contact avec le groupe les expose notamment aux attaques des pr&#xe9;dateurs. Cette zone que l’animal quitte c’est-&#xe0;-dire quand il ne peut plus voir, entendre ni sentir les autres est la distance sociale. Elle forme un cercle invisible qui enserre le groupe. Celle-ci varie en fonction des situations. Par exemple, lorsqu’il y a danger la distance sociale diminue. Le comportement analogue chez l’homme serait la maman qui rassemble et tient la main de ses jeunes enfants lorsqu’elle traverse un carrefour dangereux. Enfin, la distance personnelle est la distance normale observ&#xe9;e entre les membres d’une m&#xea;me esp&#xe8;ce. C’est une bulle invisible autour de l’animal et lorsque ces bulles se chevauchent, les animaux changent de comportement. Les animaux dominants ont g&#xe9;n&#xe9;ralement une distance personnelle plus grande que ceux qui occupent une position inf&#xe9;rieur dans la hi&#xe9;rarchie du groupe. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces diff&#xe9;rentes zones observ&#xe9;es chez les animaux existent aussi chez les hommes. Mais avant de les d&#xe9;crire, int&#xe9;ressons nous d’abord &#xe0; la perception que l’homme se fait de son espace. Nous percevons l’espace gr&#xe2;ce &#xe0; nos r&#xe9;cepteurs sensoriels. On distingue d’une part les r&#xe9;cepteurs &#xe0; distance (les yeux, les oreilles, le nez), d’autre part les r&#xe9;cepteurs imm&#xe9;diats (la peau et les muscles). L’appareil sensoriel d&#xe9;finit donc notre perception de la r&#xe9;alit&#xe9;, et les rapports que l’homme entretient avec son environnement d&#xe9;pendent de la fa&#xe7;on dont cette appareil est conditionn&#xe9; &#xe0; r&#xe9;agir. Ainsi la th&#xe8;se centrale est que nous ne percevons jamais le monde dans sa r&#xe9;alit&#xe9; mais nous percevons le monde tel que nous l’avons appris. Chacun construit donc sa propre r&#xe9;alit&#xe9; gr&#xe2;ce &#xab;&amp;nbsp; aux retentissements des forces physiques sur nos r&#xe9;cepteurs sensoriels &#xbb; (F.P. Kilpatrick). &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons diff&#xe9;rents exemples. L’odorat chez les humains diff&#xe8;re d’une culture occidentale &#xe0; une culture Arabe. Les arabes reconnaissent une corr&#xe9;lation entre l’humeur d’une personne et son odeur. Les personnes qui s’occupent d’arranger les mariages peuvent parfois demander &#xe0; sentir la jeune fille. Si elle &#xab; ne sent pas bon &#xbb;, ils la refuseront, non pas comme chez les occidentaux &#xe0; cause d’arguments esth&#xe9;tiques mais parce qu’ils auront d&#xe9;tect&#xe9; une odeur de col&#xe8;re ou de m&#xe9;contentement. Plus largement baigner quelque un de son haleine est tr&#xe8;s courant dans les pays arabes alors que les occidentaux apprennent au contraire &#xe0; ne pas projeter leur haleine. C’est pourquoi un fran&#xe7;ais est g&#xea;n&#xe9; lorsqu’un individu de culture arabe se trouve dans son champ olfactif; alors que celui-ci discute sans g&#xea;ne, le fran&#xe7;ais est saisi par l’intensit&#xe9; de l’odeur qui l’emp&#xea;che &#xe0; la foi de pr&#xea;ter attention &#xe0; ce qui lui est dit, et de ma&#xee;triser ses propres sentiments. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La clef de la compr&#xe9;hension de l’homme est sans doute que l’homme apprend en voyant, et ce qu’il apprend retentit &#xe0; son tour sur ce qu’il voit. Ce qui explique la puissance d’adaptation de l’homme et le parti qu’il tire de son exp&#xe9;rience. Ainsi, si l’on entend le bruit d’un train avant de le voir, on n’entend pas vraiment le train, mais plut&#xf4;t des sons que l’esprit a pris l’habitude d’associer au train. Ainsi, l’homme &#xe9;value les choses gr&#xe2;ce &#xe0; son niveau d’int&#xe9;gration dans l’exp&#xe9;rience pass&#xe9;. C’est pourquoi on pense croire ce que l’on voit alors qu’en fait on voit ce que l’on croit. On a tous dans l’esprit la possibilit&#xe9; qu’on puisse apprendre &#xe0; parler, apprendre des langues &#xe9;trang&#xe8;res. Mais l’id&#xe9;e qu’il faut apprendre &#xe0; voir ne vient jamais &#xe0; personne. Si l’on admet &#xe7;a, on peut donc nier l’hypoth&#xe8;se selon laquelle la r&#xe9;alit&#xe9; est stable et uniforme. L’id&#xe9;e que deux personnes ne peuvent jamais voir exactement la m&#xea;me chose dans des conditions normales peut &#xea;tre choquante car elle implique que les hommes n’entretiennent pas tous les m&#xea;me rapport avec le monde. Mais il faut reconna&#xee;tre ce fait pour comprendre les diff&#xe9;rentes perceptions d’un monde &#xe0; l’autre, d‘un individu &#xe0; l‘autre. Dans son livre, Edward T. Hall raconte qu’un jour, &#xe0; Beyrouth, ayant l’impression d’&#xea;tre parvenu &#xe0; proximit&#xe9; de l’immeuble qu’il cherchait, il demanda son chemin &#xe0; un Arabe. Pour montrer ou se trouvait l’&#xe9;difice, celui-ci indiqua d’un large geste la direction g&#xe9;n&#xe9;rale dans laquelle il devait aller. Son comportement montrait pourtant qu’il pensait bien indiquer exactement ou se trouvait l’immeuble mais pour rien au monde Hall aurait pu dire ou celui-ci se trouvait vraiment, ni laquelle des trois rues d’en face il fallait peut &#xea;tre emprunter. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou quand vous demandez votre route lorsque vous &#xea;tes en vacances, ce n’est pas toujours &#xe9;vident de suivre les indications. Nos syst&#xe8;mes d’orientation, de d&#xe9;placement et de perception ne sont donc pas les m&#xea;mes d’une culture &#xe0; l’autre. Par exemple, pour certains, l’int&#xe9;rieur du r&#xe9;frig&#xe9;rateur est une jungle alors que pour d’autres, d&#xe9;couvrir le fromage ou le reste de r&#xf4;ti est un simple r&#xe9;flexe. On parle ici des hommes et des femmes qui ont simplement appris &#xe0; se servir de leurs yeux de fa&#xe7;on tr&#xe8;s diff&#xe9;rente. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, et plus largement, la vie que chacun d’entre nous m&#xe8;ne est construite par fragment gr&#xe2;ce &#xe0; l’entourage, aux situations personnelles, &#xe0; la soci&#xe9;t&#xe9; et &#xe0; l’&#xe9;poque de l’individu: toute ces rencontres et ces exp&#xe9;riences forment l’individu et le conditionnent jusqu’&#xe0; croire qu’il per&#xe7;oit r&#xe9;ellement et objectivement la r&#xe9;alit&#xe9;. C’est &#xe0; cause de cette fabrique de la r&#xe9;alit&#xe9; par chacun que naissent les conflits, ou tout simplement la diversit&#xe9; des opinions qui se veulent chacune objectives. De quoi prendre encore davantage de recul… &lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 03 Sep 2005 15:46:00 GMT</pubDate></item><item><title>Les seins nus de la plage</title><dc:creator>Benjamin Wolff</dc:creator><link>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/08/19/735374.html</link><category>Sociologie</category><comments>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/08/19/735374.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://wbenjamin.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/735374/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/08/19/735374.html</guid><description>&lt;p&gt;Voil&#xe0; un th&#xe8;me qui peut para&#xee;tre tr&#xe8;s banal, impertinent et peu l&#xe9;gitime. Mais le sociologue Jean-claude Kaufman nous apprend le contraire dans un de ses livres: &lt;u&gt;Corps de femmes, regards d’hommes&lt;/u&gt;. En effet, enlever son haut de maillot &#xe0; la plage n’est pas un geste simple et naturel mais il s’inscrit dans un ensemble de r&#xe8;gles de comportement, d&#xe9;finissant qui a le droit de faire quoi et comment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d‘abord la plage est certainement&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;le meilleur endroit reconnu pour bronzer son corps tout entier. Une forte pigmentation de la peau est, sans conteste, un facteur de beaut&#xe9;. Le plaisir d’&#xea;tre bronz&#xe9; est celui d’&#xea;tre class&#xe9; positivement, dans la bonne cat&#xe9;gorie, de ceux qui peuvent aussi s’offrir des vacances. Se rendre compte qu’on est bronz&#xe9;, c’est constater qu’on est parvenu &#xe0; obtenir ce classement. Et dans ce sens, le bronzage est un travail sur soi avec l’id&#xe9;e d’effort &#xe0; fournir pour &#xea;tre reconnu comme tel, et aboutir &#xe0; une pleine satisfaction. La satisfaction d’avoir bien travaill&#xe9;. Pour certaines femmes, le d&#xe9;sir de soleil est si fort qu’il pousse &#xe0; multiplier toujours plus les surfaces exposables. En effet, cette sensation &#xe9;pidermique rare qui enveloppe et qui donne m&#xea;me parfois l’impression d’&#xea;tre touch&#xe9; peut &#xea;tre une cause du d&#xe9;nuement en &#xe9;t&#xe9;. On ajoute &#xe0; cela le toucher de l’eau sur la peau nue, le sable chaud et doux qui caresse les seins, la chaleur du soleil et les chatouilles du vent: c’est les contacts directs qui agrandissent le plaisir sensuel. A la question du pourquoi pratiquez-vous les seins nus, les r&#xe9;ponses imm&#xe9;diates sont le canon esth&#xe9;tique que repr&#xe9;sente le bronzage des seins, l’absence des vilaines marques blanches et la possibilit&#xe9; de pouvoir ensuite porter une petite robe d’&#xe9;t&#xe9; sans probl&#xe8;me. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais plus profond&#xe9;ment, le corps semi nu est un moyen de supprimer la fronti&#xe8;re entre la personne et le monde, d’&#xea;tre en contact simple avec la plage qui est l’image m&#xea;me de la nature. &#xc7;a repr&#xe9;sente aussi l’absence des contraintes de la civilisation. En effet, les vacances se d&#xe9;finissent par une rupture avec le rythme quotidien. Et faire les seins nus est une garantie encore plus forte de bouleversement des r&#xf4;les, de d&#xe9;paysement, d’aventure, de libert&#xe9;: c’est une rupture dans la rupture. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mode des seins nus appara&#xee;t en 1964 &#xe0; Saint Tropez. On peut dans une certaine mesure dire que cette pratique est en corr&#xe9;lation avec la lib&#xe9;ration de la femme. Sur la plage, les seins nus sont un indicateur qui signale qu’un seuil d’aisance et de d&#xe9;contraction a &#xe9;t&#xe9; atteint. Mieux encore, c’est un moyen de se d&#xe9;passer, de construire cette capacit&#xe9; d’aisance contre les r&#xe9;sistances int&#xe9;rieures: c’est alors une th&#xe9;rapie corporelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secret le plus lourd est sans doute que la femme a trois corps, que l’homme la regarde de trois mani&#xe8;res diff&#xe9;rentes, h&#xe9;sitant, passant sans cesse de l’un &#xe0; l’autre type de perception: le banal, le sexuel et le beau. Comment expliquer que les seins soient un objet habituellement &#xe9;rotique et non &#xe9;rotique sur la plage? L’effet de banalisation en est la cause: &#xab; tout le monde le fait &#xbb; est une expression r&#xe9;currente des femmes aux seins nus, non pas qu’elles aient observ&#xe9; et pr&#xe9;cis&#xe9;ment calcul&#xe9; mais plut&#xf4;t qu’elles ont la conviction que la pratique est normale et que tout le monde pourrait le faire. D’autres phrases du type, &#xab; on est toutes faites pareil &#xbb; marque l’impersonnalit&#xe9; du sein, la perte absolu de l’int&#xe9;r&#xea;t visuel ou &#xab; plus personne ne fait attention &#xbb; affirme l’importance du voyeurisme mais noy&#xe9; par la banalisation. Chacun sait ce qui est cens&#xe9; ne pas &#xea;tre vu, et chacun sait que celui qui ne la regarde pas la conna&#xee;t. Ces choses banales sont la base de la vie sociale mais le corps de la femme est ici oubli&#xe9;: c’est son premier corps. Son deuxi&#xe8;me corps, sexuel, est &#xe9;cras&#xe9; par le poids du banal et les &#xe9;changes sexuels sont secondaires dans un contexte baln&#xe9;aire. Le corps sexuel est parfois pr&#xe9;sent&#xe9; par quelques petits gestes de provocation. Mais c’est principalement la plage qui les interpr&#xe8;te ainsi, et ce sont surtout les hommes qui construisent le corps &#xe9;rotique dans leur imaginaire, qui ont ce r&#xea;ve dans leur regard. Le troisi&#xe8;me corps esth&#xe9;tique vient en renfort, assurant la tranquillit&#xe9; baln&#xe9;aire en d&#xe9;viant les pulsions sexuelles, parce que avouer sur la plage que parfois on regarde les beaux seins c’est supprimer le cot&#xe9; voyeur et sexuel. Ainsi la beaut&#xe9; attire pour elle-m&#xea;me, ce n’est plus la nudit&#xe9; sexuelle qui m&#xe8;ne la danse mais le go&#xfb;t artistique. Entre la banalit&#xe9; et le sexuel, la beaut&#xe9; du corps de la femme introduit l’&#xe9;quivoque mais c’est surtout pour le discours, pour para&#xee;tre honn&#xea;te et supprimer les diff&#xe9;rentes connotations imaginables. Le sein est donc tr&#xe8;s ambigu sur la plage et les jeux de regards ainsi que les repr&#xe9;sentations de chacun conduisent la femme &#xe0; voyager sans cesse entre les trois corps. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant l’enqu&#xea;te, une fille interrog&#xe9;e raconte: elle avait d&#xe9;cid&#xe9; d’aller prendre un peu de soleil sur les quais de seine &#xab; v&#xea;tue d’un petit deux pi&#xe8;ces tr&#xe8;s correct &#xbb;. Un groupe d’hommes passa sur le pont au-dessus et se mit &#xab; &#xe0; mater, &#xe0; siffler, &#xe0; faire des commentaires &#xbb;. Ce type d’aventure est impensable &#xe0; la plage parce que la tol&#xe9;rance y est grande et parce que l’essentiel des &#xe9;changes se joue dans le silence, particuli&#xe8;rement en ce qui concerne les seins nus. Et pratiquement toute la communication se fait par le regard. Le syst&#xe8;me de regards d&#xe9;finit les codes de comportement de la plage: la plage se refuse &#xe0; regarder froidement mais elle observe en feignant d’ignorer qu’elle le fait. Les femmes semi nus tout particuli&#xe8;rement sentent leur environnement, enqu&#xea;tent sur les regards des alentours. Celles-ci sont au centre d’un syst&#xe8;me d’&#xe9;changes visuels ou, derri&#xe8;re l’anodin coup d’œil sur le paysage, chacun observe chacun m&#xea;me involontairement. Et puis chacun observe comment il est observ&#xe9;. Les observations permettent alors de d&#xe9;finir le geste ad&#xe9;quat. Ainsi entre le paysage, le regard accroch&#xe9;, le regard r&#xe9;flexe, le st&#xe9;r&#xe9;otype du mateur, l’art du voir sans regarder, le regard normal…, chacun contr&#xf4;le l’autre en construisant des limites, s&#xe9;parant ce qui peut &#xea;tre fait de ce qui est d&#xe9;conseill&#xe9;. Les limites sont g&#xe9;ographiques, morphologiques et comportementales. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule la plage autorise la pratique des seins nus (difficile de s’exposer &#xe0; la campagne, dans un parc) et la fronti&#xe8;re marqu&#xe9;e par la limite du sable est stricte et infranchissable. Lorsqu’une femme s’expose seins nus &#xe0; la plage, le couch&#xe9; &#xe0; tendance &#xe0; devenir l&#xe9;gitime et normal, le debout anormal et critiquable. En effet, le redressement fait sortir l’individu de la petite sph&#xe8;re protectrice, d’o&#xf9; la multiplication des regards et le renforcement du contr&#xf4;le. Si en plus elle se l&#xe8;ve, des regards de soup&#xe7;ons (f&#xe9;minins) apparaissent ainsi que des regards d’int&#xe9;r&#xea;ts (masculins). Mais la plage n’interdit pas les seins nus debout mais pour le faire il faut respecter un certain nombre de r&#xe8;gles implicites. La capacit&#xe9; des gestes autoris&#xe9;e par la plage est d’abord donn&#xe9;e en fonction du niveau de beaut&#xe9;: plus la morphologie s’&#xe9;loigne du mod&#xe8;le normal (vieux seins, trop remuants,…) plus les positions devront &#xea;tre discr&#xe8;tes ou immobiles. Il faut ensuite que les d&#xe9;placements soient justifi&#xe9;s car se promener sans aucun but ne peut &#xea;tre rapport&#xe9; qu’&#xe0; une volont&#xe9; de se montrer. Enfin, l’aisance et la gr&#xe2;ce des gestes suppriment la g&#xea;ne et les regards suspects.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi ce qui est permis aux uns ne l’est pas aux autres et il est des postures et des mani&#xe8;res qui sortent du cadre admis. Mais quand on interroge la plage, la libert&#xe9; individuelle semble &#xea;tre la r&#xe8;gle officielle absolu. En effet, Jean-Claude Kaufman nous indique que lors de son enqu&#xea;te la phrase la plus r&#xe9;p&#xe9;t&#xe9;e sur la question de la l&#xe9;gitimit&#xe9; des seins nus est: &#xab; Chacun fait ce qu’il veut, c’est la libert&#xe9; &#xbb;. Aujourd’hui, chacun m&#xe8;ne sa vie comme il l’entend et ses choix doivent &#xea;tre respect&#xe9;s. Le principe ancien &#xe9;tait celui d’une r&#xe8;gle commune, ou chacun donnait son avis personnel pour d&#xe9;finir cette norme centrale. Cette derni&#xe8;re est devenue aujourd’hui beaucoup moins visible et elle a &#xe9;t&#xe9; remplac&#xe9;e par l’auto-d&#xe9;finition individuelle des normes: chacun fait ce qu’il veut. L’individu qui d&#xe9;cide de plus en plus de ses propres normes, participe de moins en moins au gouvernement collectif: ce n’est plus son affaire. Les enqu&#xea;teurs notent d’ailleurs que beaucoup ont refus&#xe9; d’exprimer leur avis personnel sur le sujet par crainte qu’il puisse appara&#xee;tre comme une tentative de jugement , aujourd’hui jug&#xe9;e obsol&#xe8;te et condamnable. &#xab; Chacun fait ce qu’il veut tant que &#xe7;a ne me d&#xe9;range pas &#xbb; est le discours qui veut toujours plus respecter les opinions personnelles. Mais le d&#xe9;sir de critiquer est toujours pr&#xe9;sent. Alors comment expliquer ce double discours &#xab; chacun fait ce qu‘il veut, mais… &#xbb;, o&#xf9; les personnes interrog&#xe9;es se contredisent elles-m&#xea;mes ? En fait, les deux logiques ne sont pas situ&#xe9;es au m&#xea;me niveau cognitif. D’abord le principe de tol&#xe9;rance vient de la r&#xe9;flexion la plus consciente et le d&#xe9;sir de critiquer est ressenti de l’int&#xe9;rieur du corps: c’est plus fort que soi. Le langage est le moyen d’&#xe9;voquer la libert&#xe9; de chacun &#xe0; montrer ses seins ou pas. Par contre la critique est peu bavarde, c’est le regard qui est l’arme principale. Le regard est attir&#xe9; par le sein tr&#xe8;s beau ou tr&#xe8;s laid, avant m&#xea;me que la r&#xe9;flexion consciente n’ait eu le temps de diriger le regard. La cause &#xe9;tant une sorte de syst&#xe8;me de pens&#xe9;e clandestin int&#xe9;rioris&#xe9;e. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’avis personnel des gens sur les seins nus est ainsi en trois temps; premier temps: le principe g&#xe9;n&#xe9;ral de libert&#xe9;, deuxi&#xe8;me temps: la position personnelle de neutralit&#xe9;, troisi&#xe8;me temps: les limites qu’il faut cependant admettre. Cela donne: &#xab; chacun fait ce qu’il veut, tout le monde peut. Mois je suis ni pour ni contre. Mais il y a des seins qui ne sont pas toujours tr&#xe8;s beau &#xe0; regarder. &#xbb; D&#xe9;noncer les seins qui tombent, montrer du doigt les attitudes qui &#xe9;nervent, la soci&#xe9;t&#xe9; a besoin de stigmates, qui lui permettent de se repr&#xe9;senter comme normale, et pour cela elle les construit &#xe0; partir des traits du corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pratique des seins nus est aujourd’hui normale. Et parce que c’est normal les regards ne les voient plus, et parce que les regards ne les voient plus il devient normal de pratiquer les seins nus. Oui, mais &#xe0; condition que les seins soient eux-m&#xea;mes normaux. Car si les seins nus sont anormaux, la pratique devient alors anormale et perd de son invisibilit&#xe9;, de sa banalit&#xe9;. Mais pourquoi est on attir&#xe9; par l‘anormalit&#xe9;? Le normal vise &#xe0; confirmer les sch&#xe9;mas habituels alors que l’anormalit&#xe9; exige un travail consid&#xe9;rable. En effet, celle-ci nous interpelle car elle remet en cause la norme qui est au cœur de la construction de la r&#xe9;alit&#xe9;. Elle pousse &#xe0; voir et &#xe0; penser le bizarre, &#xe0; lui donner une place par rapport au normal, si l’on confirme les r&#xe8;gles ant&#xe9;rieures ou si on change les r&#xe8;gles du jeu. Le normal d&#xe9;pend de la multiplicit&#xe9; des micros interactions de la plage. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la plage n’aime pas trop penser, c‘est les vacances. A la plage, on n’a pas tr&#xe8;s envie de r&#xe9;fl&#xe9;chir. D’ailleurs, on y fait m&#xea;me plus attention.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 19 Aug 2005 15:48:00 GMT</pubDate></item><item><title>Pourquoi les tatouages, pourquoi les piercings ?</title><dc:creator>Benjamin Wolff</dc:creator><link>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/07/25/618591.html</link><category>Anthropologie </category><comments>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/07/25/618591.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://wbenjamin.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/618591/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/07/25/618591.html</guid><description>&lt;p&gt;On a tous vu, un jour ou l&apos;autre, une personne marqu&#xe9;e d&apos;un tatouage ou d&apos;un piercing. Ou peut-&#xea;tre en avez vous m&#xea;me un! Qu&apos;on en aper&#xe7;oive dans la rue, sur la plage ou chez des proches, on s&apos;interroge souvent sur ces pratiques. Comment interpr&#xe9;ter ces comportements dans nos soci&#xe9;t&#xe9;s occidentales, o&#xf9; le corps devient de plus en plus une mati&#xe8;re &#xe0; bricoler selon l&apos;ambiance du moment? Les significations sont nombreuses, en partant du fait que le st&#xe9;r&#xe9;otype du tatou&#xe9; comme homme jeune, costaud, issu du milieu populaire, agressif et presque marginal s&apos;est renvers&#xe9; lors de ces derni&#xe8;res ann&#xe9;es. Le piercing s&apos;est &#xe9;galement impos&#xe9; comme quelque chose de beau autant pour les hommes que pour les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vous annonce rien de nouveau en vous disant que nos soci&#xe9;t&#xe9;s contemporaines sont marqu&#xe9;es par la libert&#xe9; et l&apos;individualisme, et chaque individu trace son chemin et ses limites, du moins il se donne l&apos;impression de d&#xe9;cider de sa condition. Chacun est donc amen&#xe9; &#xe0; fabriquer sa propre identit&#xe9; et c&apos;est celle-ci qui d&#xe9;finit les rapports au monde. Le corps, lieu de souverainet&#xe9; de l&apos;individu, est la mati&#xe8;re premi&#xe8;re &#xe0; bricoler pour se construire une identit&#xe9; et ainsi d&#xe9;finir ses rapports au monde. Et si on ne peut pas changer ses conditions d&apos;existence, on peut au moins changer son corps de multiples mani&#xe8;res. Le corps est ce qui nous distingue des autres, ce qui nous marque, et le tatouage et le piercing sont des moyens de se faire re-marquer (sur le corps et par la soci&#xe9;t&#xe9;) et ainsi affirmer son existence aux yeux des autres. L&apos;originalit&#xe9; des v&#xea;tements, de la coiffure, de l&apos;attitude,etc... ou bien entendu le tatouage et le piercing, sont des moyens de sursignifier son corps, de se rendre visible, d&apos;&#xe9;chapper &#xe0; l&apos;anonymat, d&apos;exister au yeux des autres, ou plut&#xf4;t de s&apos;en donner le sentiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les marques corporelles traduisent le fait que l&apos;individu peut faire ce qu&apos;il entend de son corps et marquent donc la volont&#xe9; d&apos;ind&#xe9;pendance. D&#xe9;cider de se faire tatouer ou percer est une initiative personnelle pour afficher l&apos;appartenance &#xe0; soi, l&apos;individu prend symboliquement possession de son corps. C&apos;est une sorte de signature sur soi pour affirmer son identit&#xe9; choisie. Les jeunes, qui sont les premiers consommateurs, veulent inconsciemment rompre le lien de d&#xe9;pendance avec les parents pour afficher la stricte appartenance &#xe0; soi. Le corps donn&#xe9; par les parents doit &#xea;tre modifi&#xe9; pour le rendre soi-m&#xea;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&apos;il est vrai que le tatouage et le piercing sont des &amp;quot;transformations artistiques&amp;quot;, ils sont souvent accompagn&#xe9;s d&apos;une signification personnelle. Ils aiment d&apos;ailleurs en parler , &#xe9;voquer leur souvenir, partager leur exp&#xe9;rience, donner des conseils. Le fait de se faire marquer traduit la volont&#xe9; d&apos;&#xe9;terniser l&apos;instant, par un acte ind&#xe9;l&#xe9;bile. La marque est donc une m&#xe9;moire car en regardant cette marque, l&apos;individu se souvient alors de ses motivations et des anciennes circonstances. C&apos;est une mani&#xe8;re d&apos;arr&#xea;ter le temps sur un &#xe9;v&#xe9;nement, de marquer sur la chair des moments cl&#xe9;s de l&apos;existence (une relation amoureuse, un mariage, un anniversaire, un moment heureux). Dans le cas de la relation amoureuse, la marque est une mani&#xe8;re de garder en soi la personne aim&#xe9;e et d&apos;avoir le sentiment que cette relation durera toujours. Le corps devient une archive de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les marques ont ensuite une dimension &#xe9;rotique; c&apos;est souvent un attrait suppl&#xe9;mentaire pour s&#xe9;duire. Chez la femme, le tatouage ou le piercing est signe de douceur, de tendresse et d&apos;apaisement. Dans certain cas, la place de la marque est elle-m&#xea;me &#xe9;rotique: sein, hanche, fesse, pubis, cuisse, etc... Elle se d&#xe9;voile alors dans les jeux &#xe9;rotiques. Le piercing peut aussi cr&#xe9;er des zones d&apos;intensit&#xe9;s libidinales (langue, t&#xe9;ton, organes g&#xe9;nitaux) m&#xea;me sans stimulation particuli&#xe8;re. En tous cas les marques modifient pour soi et pour l&apos;autre les sensations &#xe9;prouv&#xe9;es dans les jeux &#xe9;rotiques (couple en qu&#xea;te de sensation, sadomasochisme,...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En affichant sa marque, l&apos;individu s&apos;efface en tant que singularit&#xe9; pour d&#xe9;sormais exister comme &amp;quot;tatou&#xe9;&amp;quot; ou &amp;quot;perc&#xe9;&amp;quot; c&apos;est-&#xe0;-dire &#xea;tre class&#xe9; dans une cat&#xe9;gorie. A ce titre, la marque permet de rejoindre les autres, de se sentir reconnu par les autres. Mais le marqu&#xe9; provoque perp&#xe9;tuellement des r&#xe9;actions d&apos;hostilit&#xe9;s ou d&apos;admirations. L&apos;individu joue sur cette ambivalence sociale &#xe0; son &#xe9;gard en cherchant ses marques ou en les affichant selon les attentes du public. La perception de soi en soci&#xe9;t&#xe9; est donc modifi&#xe9;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, le tatouage ou le piercing appellent le miroir de l&apos;autre, il est na&#xef;f de dire qu&apos;ils ne sont faits que pour soi. La peau devient un &#xe9;cran et elle exige des spectateurs. L&apos;individu qui observe son tatouage ou piercing dans le miroir t&#xe9;moigne d&apos;ailleurs de ce d&#xe9;doublement du regard, de cette mani&#xe8;re de s&apos;&#xe9;valuer soi-m&#xea;me comme un autre. Mais tout d&#xe9;pend de la place de la marque: si elle est plac&#xe9;e sur une zone public (visage, main), elle est alors clairement affich&#xe9;e comme une marque de distinction, l&apos;individu s&apos;expose en permanence aux jugements des autres. En revanche, ceux qui sont marqu&#xe9;s sur une zone priv&#xe9; ne se d&#xe9;voilent qu&apos;&#xe0; des proches ou sur la plage en &#xe9;t&#xe9;. Dans ce dernier cas, il est alors v&#xe9;cu dans la jubilation avec le sentiment d&apos;afficher un signe de s&#xe9;duction attirant des regards envieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les marques corporelles sont parfois des moyens pour se prot&#xe9;ger des mauvais sorts (figures animales &#xe9;voquant la puissance, chiffre 13, h&#xe9;ros de bande dessin&#xe9;e, signe du zodiaque,etc...). Ces signes nourrissent la force de caract&#xe8;re et alimentent une efficacit&#xe9; symbolique susceptible de changer le rapport au monde c&apos;est-&#xe0;-dire que le tatouage est un bouclier entre soi et les autres. Et quand l&apos;individu doute de lui-m&#xea;me, il regarde son tatouage, palpe son anneau pour y renouveler ses forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut aujourd&apos;hui plus seulement &amp;quot;&#xea;tre soi-m&#xea;me&amp;quot;, mais surtout donner une image de soi; et comme le disait Paul Val&#xe9;ry: &amp;quot;le plus profond, c&apos;est la peau&amp;quot;. Vous pouvez &#xe9;largir et approfondir ce th&#xe8;me en allant voir les travaux du sociologue David LeBreton sur le corps et plus particuli&#xe8;rement son livre s&apos;intitulant &amp;quot;Signes d&apos;identit&#xe9;&amp;quot;.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 25 Jul 2005 08:57:00 GMT</pubDate></item><item><title>Ce pape qui nous a &#xe9;nerv&#xe9;, mais...</title><dc:creator>Benjamin Wolff</dc:creator><link>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/06/28/479987.html</link><category>Actualit&#xe9; et m&#xe9;dias</category><comments>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/06/28/479987.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://wbenjamin.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/479987/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/06/28/479987.html</guid><description>&lt;p&gt;Voil&#xe0; que je reprend &#xe0; nouveau la pol&#xe9;mique qu&apos;a suscit&#xe9; la mort du papa Jean Paul 2, allez-vous me dire? Oui. Mais &#xe0; quelques diff&#xe9;rences pr&#xe8;s. Je pense qu&apos;on peut aujourd&apos;hui pr&#xe9;tendre &#xe0; davantage d&apos;objectivit&#xe9; pour critiquer ce qu&apos;il s&apos;est pass&#xe9; durant environ deux semaines. Vous l&apos;avez compris, je ne vais pas dresser l&apos;hagiographie de l&apos;ex chef de l&apos;&#xe9;glise catholique mais tenter d&apos;analyser la surm&#xe9;diatisation de cet &#xe9;v&#xe9;nement. En effet, comment expliquer ce d&#xe9;ferlement autour d&apos;un pape pendant presque six jour d&apos;affil&#xe9;e? Comment comprendre cette ferveur venue de partout, le culte d&apos;un corps, la mystification d&apos;une posture? Est-ce la faute aux m&#xe9;dias qui l&apos;ont idolatr&#xe9;? Ou le pape s&apos;en est-il servi pour propager la foi? En tous cas, si les m&#xe9;dias n&apos;avaient pas &#xe9;voqu&#xe9; avec insistance l&apos;&#xe9;pop&#xe9;e du pape, on serait tent&#xe9; de dire &amp;quot;laissons les rendre leur rituel!&amp;quot;. Quoique, un million de personnes attendant chacun leur tour pour contempler les d&#xe9;pouilles d&apos;un homme...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce rassemblement a tout d&apos;abord une fonction moralisante. En effet, le philosophe R&#xe9;gis Debray ,nous dit que toute l&apos;affection que nous n&apos;avons plus pour nos agonisants &#xe0; nous, toute la compassion que nous n&apos;avons plus pour nos propres familles, nous la projetons sur l&apos;image centrale de quelqu&apos;un vers qui nous sommes plein de piti&#xe9;. Une sorte de moyen de se faire bonne conscience: un surmoi paternel. Il faut cependant distinguer les pratiquants et ne pas tomber dans la g&#xe9;n&#xe9;ralisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde analyse est de consid&#xe9;rer d&apos;abord que le r&#xf4;le du pape est d&apos;&#xe9;vang&#xe9;liser . En effet, toute personne qui diffuse la pens&#xe9;e chr&#xe9;tienne, en l&apos;occurrence le pape, doit &#xea;tre une ouverture vers le message essentiel c&apos;est-&#xe0;-dire la bible. Cependant on est largement pass&#xe9;, par la diffusion de l&apos;image papale, de l&apos;ic&#xf4;ne &#xe0; l&apos;idole. On a plus &#xe0; faire &#xe0; Dieu, mais au repr&#xe9;sentant de Dieu qui devient lui-m&#xea;me divin. C&apos;est pourquoi on peut parler de n&#xe9;opaganisme, c&apos;est-&#xe0;-dire un rassemblement de pa&#xef;en. (personne polyth&#xe9;iste)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#xe8;me analyse est de dire que finalement on se bute sur cette image papale. On ne s&apos;int&#xe9;resse plus qu&apos;&#xe0; la repr&#xe9;sentation du pape. On peut donc penser qu&apos;il faut arr&#xe9;ter de critiquer le pape mais plut&#xf4;t critiquer le syst&#xe8;me qui met tellement en avant ce pape. On oublie toute les r&#xe9;flexions th&#xe9;ologique de l&apos;ex souverain pontife (faite par beaucoup d&apos;autres gens en ce monde), toute l&apos;influence que le pape a eu dans la chute de l&apos;empire sovi&#xe9;tique, les appels &#xe0; l&apos;abolition de la peine de mort, la critique de l&apos;ultra capitalisme destructeur,etc...On dit m&#xea;me que c&apos;est une des personnes qui c&apos;est le plus occup&#xe9;e de la mis&#xe8;re humaine. Mais pourquoi aucun de ses messages n&apos;a &#xe9;t&#xe9; pris en compte? Bush par exemple ne tint aucun compte des recommandations du pape alors qu&apos;il &#xe9;tait au premier rang lors de ses fun&#xe9;railles !!! (guerre en Irak, d&#xe9;sarmement,...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors certes, admettons que le pape Jean Paul 2 ait fait plein de bonnes choses. Mais tout ce c&#xe9;r&#xe9;monial, cette id&#xf4;latrie, n&apos;est-il pas une occasion pour les ath&#xe9;s et les agnostiques de l&#xe9;gitimer la fausset&#xe9; du message chr&#xe9;tien? D&apos;o&#xf9; peut-&#xea;tre une stigmatisation vis-&#xe0;-vis de l&apos;ensemble des chr&#xe9;tiens. Le pape aurait tr&#xe8;s bien pu dire qu&apos;il ne faille pas en faire de trop pour les fun&#xe9;railles. Les &amp;quot;vrais catholique&amp;quot; sont donc victime de l&apos;image qu&apos;ils donnent inconsciemment d&apos;eux, et tous le milieu chr&#xe9;tien est de ce fait stigmatis&#xe9;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&apos;ajouterai que ce n&apos;est pas seulement durant cette semaine de surm&#xe9;diatisation que les catholique ont attach&#xe9; beaucoup d&apos;importance &#xe0; la repr&#xe9;sentation. La base doctrinale du catholicisme s&apos;&#xe9;carte d&#xe9;j&#xe0; de l&apos;&#xe9;criture sainte: de par son symbolisme, son rituel, sa hi&#xe9;rarchie, sa tradition,...Contrairement au protestantisme, le catholicisme n&apos;est pas une religion du livre mais de l&apos;institution puisque le magist&#xe8;re d&#xe9;cide &amp;quot;in fine&amp;quot; du sens &#xe0; donner aux &#xe9;critures. La bible n&apos;est-elle pas ce qui l&#xe9;gitime finalement l&apos;existence d&apos;un soi-disant Saint homme? Si d&#xe9;j&#xe0; on croit en un Dieu cr&#xe9;ateur, autant respecter l&apos;&#xe9;criture sainte pour peut-&#xea;tre d&#xe9;j&#xe0; &#xe9;viter l&apos;id&#xf4;latrie. Mais la encore, n&apos;oublions pas qu&apos;avec 63% des fran&#xe7;ais qui se d&#xe9;clarent catholique, un pape (aim&#xe9;) des m&#xe9;dias am&#xe8;ne de l&apos;argent...eh oui, tant vu et si peu entendu...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 28 Jun 2005 00:03:00 GMT</pubDate></item><item><title>BONJOUR A TOUS !!!</title><dc:creator>Benjamin Wolff</dc:creator><link>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/06/25/477677.html</link><comments>http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/06/25/477677.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://wbenjamin.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/477677/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://wbenjamin.canalblog.com/archives/2005/06/25/477677.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;/font&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne vous privez pas de ces ressources intellectuelles au pr&#xe9;texte qu’elles sont intellectuelles, qu’elles sont &#xe9;crites avec de grands mots; disait d&#xe9;j&#xe0; Pierre Bourdieu. En effet, beaucoup de baratin, de grandes phrases et de confusion remplissent les livres de nos penseurs. Mon but est de rendre claires et simples les id&#xe9;es qui ressortent de ces travaux en allant &#xe0; l’essentiel. Promouvoir des livres qui permettent de remettre en cause tout ce qui peut nous sembler banal et trop normal . L’int&#xe9;r&#xea;t est de comprendre nos diff&#xe9;rences et de mettre en lumi&#xe8;re les m&#xe9;canismes cach&#xe9;s de nos actions avec un maximum de recul et de lucidit&#xe9;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#xc9;tudiant &#xe0; l’universit&#xe9;, j’avance avec l’&#xe9;tat d’esprit de vouloir replacer au centre du syst&#xe8;me, non plus l’Etat ou le profit, mais l’&#xea;tre humain dans sa dimension physique et spirituelle; gr&#xe2;ce &#xe0; la sociologie notamment.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 25 Jun 2005 21:39:00 GMT</pubDate></item></channel></rss>