Cultures en Mouvement

Sciences humaines d'une part, traitement de l'actualité d'autre part !

mardi 25 juillet 2006

La folie du foot

Le foot totalitaire, l’overdose médiatique. Le foot était dans tous les cœurs et dans toutes les têtes pendant plus d’un mois. Pourquoi une telle passion, notamment chez les hommes ?

On dit que le football est une très belle métaphore de la condition humaine: rôle de l’individu au sein de l’équipe, exaltation du mérite, aléas de la fortune et du destin, marché mondial des joueurs avec ventes et achats, débats sur la simulation, condamnation de la triche, critique de l’arbitraire, grande place à l’injustice, violence, rôle de la chance et même une certaine dose de sacré. En effet, d’après Patrick Mignon, le foot serait une nouvelle forme de religiosité où le stade serait l’église des temps modernes et les spectateurs viendraient y acclamer leurs idoles et leurs dieux. Toujours selon lui, le foot permet aux hommes de retrouver leur statut de mâle guerrier, courageux, solidaire et patriote. Les hommes regardent le foot pour assouvir leurs pulsions de guerre.

Le foot est bien plus qu’une pratique sportive, c’est un spectacle télévisé. Avant le match on s’appelle et on espère, pendant on participe et après on boit et on mange. Au sein d‘un groupe où chacun revendique une appartenance, les hommes peuvent afficher des émotions qu’ils n’osent pas montrer d’ordinaire, ils peuvent s’exprimer sans détour.

Mais le foot c’est aussi la dictature du profit et des publicitaires ou bien encore le dopage (au même titre que le vélo). Les questions (débiles) posées aux téléspéctateurs durant les matchs de la coupe du monde sont une insulte faite aux amateurs de foot. Du style: quel fut le plus grand joueur hollandais ? Johan Cruyff ou… Michel Platini ? Les chaînes de télé ainsi que les opérateurs téléphoniques s’en mettent plein les poches. De quoi siffler pénalty.

Et à en croire l’ultra gauchiste Jean-Marie Brohm qui vient d‘écrire « le football, une peste émotionnelle »; ce sport n’est qu’infantilisation, crétinisation, non pensée et non raison. Non pas le football en tant qu'éducation physique mais sa manipulation, par encadrement pulsionnel des foules. Le foot serait l’opium du peuple qui détourne l’homme de la revendication et l’éloigne de la culture. Certes, le coup de tête de Zidane a fait plus de bruit que le méga bordel de 3000 m² pouvant accueillir 650 clients et 40 000 prostituées. On peut certainement parler de démesure du spectacle footballistique mais ce monsieur a occulté la notion de divertissement, dont l’homme lui-même ne peut se passer.

Enfin, chacun s’est senti concerné de donner son avis sur l'acte final du héros national Zizou. Alors à mon tour de faire deux remarques: d’un point de vue très général d‘abord, on constate le petit quelque chose qui empêche un homme de devenir un Dieu vivant, l’imperfection humaine nous rattrape. Ensuite, c’est seulement à 10 minutes de sa retraite que Zinédine Zidane s’est enfin servi de sa tête…

Posté par Benjamin Wolff à 01:12 - Actualité et médias - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

Vite dit, mal vu

je pense que cette dernière remarque est lamentable, est est l'oeuvre d'un intelectuel qui pense que le jeu de foot ne concerne que le corp et les compétences physiques. C'est faux : pour être champion du monde de football il faut être aussi intelligent, stratégique et calculateur que pour passer une agrégation de math.
Ce sont des application différente, c'est tout

Et n'allez pas m'allumer pour les faute (cf un commentaire antérieur) je suis un STAPS donc c'est bien connu je sais pas écrire !

Posté par Un STAPS anonyme, mardi 13 novembre 2007 à 05:05

d'accord avec toi

Je pense que cette dernière phrase était sans aucun doute dite sur un ton humoristique... évidemment qu'il faut (au moins) une (certaine forme) d'intelligence pr etre bon footballeur.

A quand un texte sur les enjeux de la prostitution dans le football ?
L'ouverture de la maison close de 2km² en Allemagne pdt la coupe du monde était plus que choquante et sexiste..
Et je pense que le sexisme qui est présent dans un stade est aussi la cause d'un tel engouement du foot chez les hommes. Un minimum de femmes sur le terrain et dans le stade pour un maximum de virilité et de testostérone.
Mais quand il s'agit de leur manquer de respect (aux femmes), quoi de mieux qu'un gigantesque maison close, pays des plaisirs mercantiles.
Les femmes n'ont vraiment pas de chance...

Posté par cathy, vendredi 14 décembre 2007 à 15:46

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